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Fermeture de Mabe: les ex-travailleurs réclament encore leur dû cinq ans plus tard

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Cinq ans jour pour jour après la fermeture de l’usine d’électroménagers Mabe, dans l’est de Montréal, les anciens travailleurs de l’entreprise n’ont toujours pas eu droit à la pension qu’on leur avait promise.

«On a entre 400 et 600$ brut de moins par mois que ce à quoi on s’attendait. En plus, il faut payer de notre poche les médicaments parce qu’on n’a pas d’assurance comme on nous avait dit», a dénoncé Jeannette Auger.

Dimanche, elle et son conjoint, Richard Dugas, tenaient à venir manifester devant l’usine à laquelle ils ont donné 40 ans de leur vie. En tout, environ une trentaine d’ex-employés de Mabe sont venus signifier leur mécontentement devant le bâtiment de la rue Notre-Dame, aujourd’hui occupé par le Cirque du Soleil.

Un trou dans le fonds de pension

Les quelque 700 travailleurs savaient depuis janvier 2012 que Mabe allait relocaliser sa production au Mexique en août 2014, mais à peine deux semaines après la fermeture, les anciens ouvriers ont eu droit à une mauvaise surprise: Mabe a déclaré faillite, alors que les fonds de pension restaient à être renfloués à la hauteur de 22%.

«C’est évident que c’était prévu depuis longtemps. C’est un stratagème pour ne pas payer. La Cour l’a d’ailleurs reconnu. En réalité, la compagnie continue d’exister sous le nom de MC Commercial et fait des millions», s’est insurgé Michel Morin, dernier président du local syndical d’Unifor dans l’usine, aujourd’hui porte-parole des Bafoués de Mabe.

La Cour supérieure leur a donné la permission d’intenter un recours collectif. Leur sort est depuis en suspens parce que la compagnie, propriété en partie du géant américain General Electric (GE), a contesté cette décision en appel.

«Mabe fait tout pour étirer la sauce jusqu’au bout. D’ailleurs, leurs avocats avaient 30 jours pour porter leur cause en appel et ils ont attendu à la dernière journée pour le faire. Ils changent aussi toujours d’avocats: tout pour étirer», a fait remarquer Michel Morin.

Les anciens travailleurs de Mabe réclament 68 M$, mais sont conscients que le combat risque d’être long.

Une difficile réalité

Entre-temps, les projets de retraite de Richard Dugas et Jeannette Auger sont sur la glace. Le couple avait prévu voyager et s’acheter un condo à Montréal, mais n’en a pas les moyens actuellement.

Jeannette Auger, 63 ans, a même dû aller travailler comme surveillante le midi dans une école primaire pour joindre les deux bouts.

«Beaucoup de personnes ont dû retourner sur le marché du travail pour avoir des avantages sociaux, même après 65 ans. Il y a eu beaucoup de travailleurs qui ont eu des problèmes de santé, des cas de divorce», s’est désolé Michel Morin, qui en appelle au boycottage des marques d’électroménagers de marque GE, Hotpoint, Moffat et McClary.