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3e lien: la CAQ devrait y penser deux fois avant d’engloutir 4 G$, croit l'opposition

Nos routes pâtiront si le 3e lien est construit, craint l’opposition

3e lien levis
Photo d'archives, Simon Clark

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Alors qu’une grande majorité de Québécois estiment que le gouvernement Legault devrait remettre en état le réseau routier existant avant de construire un tunnel entre Québec et Lévis, les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale suggèrent eux aussi que la CAQ devrait y penser à deux fois avant d’engloutir – au moins – 4 milliards $ dans ce projet.

Dans son édition de samedi, Le Journal révélait que 85 % des Québécois croient que le gouvernement devrait d’abord retaper nos routes avant de se lancer dans la construction du fameux troisième lien, un tunnel sous-fluvial de 6,5 kilomètres entre Beauport, dans l’est de Québec, et la route Lallemand, à Lévis. Même à Québec, la majorité des répondants (55 %) estiment qu’il faut d’abord remettre le réseau routier en état.

«Il semble que le seul critère qu’ait retenu la CAQ pour ce projet-là, c’est celui de sa popularité, mais pas celui de sa faisabilité, pas celui de son utilité, pas celui des coûts», lâche Pascal Bérubé, chef parlementaire du Parti québécois.

Pour lui comme pour Québec solidaire, il ne fait pas de doute que l’entretien du réseau routier pâtira d’une façon ou d’une autre pendant la construction du troisième lien. «Je ne crois pas que l’on peut faire les deux, pas à ce coût-là [plus de 4 milliards $]», dit M. Bérubé.

À l’instar d’ex-ministres des Transports interviewés dans notre édition de dimanche, la députée solidaire Catherine Dorion croit que le troisième lien – qu’elle qualifie de « truc électoraliste » – pourrait ne jamais voir le jour.

«La mobilisation va continuer à lever, à mesure que les gens vont réaliser que ça a un coût énorme», dit-elle.

Une étude commandée par le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait établi qu’un tunnel entre Québec et Lévis coûterait au moins 4 milliards de dollars. La Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas encore fourni sa propre évaluation des coûts de cette infrastructure.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Bien que le bureau de projet du troisième lien ait été créé par le gouvernement libéral dont il faisait partie, le député Gaétan Barrette estime que la population est mal renseignée à l’heure actuelle sur les tenants et aboutissants de cet investissement important.

«Qu’on nous donne de la substance !, lance le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports. Moi, quand je regarde ça, il est normal que les Québécois, dans leur ensemble, se questionnent.»

«Populiste»

M. Barrette ne veut pas dire s’il préconiserait la réfection des routes, plutôt que la construction du troisième lien. «Moi, je ne joue pas dans la game des sondages, tranche-t-il en entrevue avec Le Journal. Je joue la raisonnabilité et le fondement des décisions politiques. Actuellement, la CAQ a pris une position populiste, sans en démontrer, aujourd’hui, le bien-fondé».

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a décliné notre demande d’entrevue. Son cabinet a mentionné qu’il avait «d’autres engagements».