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Surmonter les tempêtes hormonales

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Médecin généraliste depuis plus de 40 ans, la Dre Marie-Andrée Champagne a développé une expertise sur les hormones sexuelles qui mènent le bal dans certaines périodes de la vie des femmes, mais aussi des hommes. Dans Le bonheur est-il hormonal ?, un livre essentiel, elle fournit une véritable trousse de survie pour traverser les tempêtes hormonales.

« On entend bien la réflexion : “Ce doit être tes hormones...”, mais de là à dire que le grand public est bien informé, je dirais qu’il ne l’est pas suffisamment », note la Dre Champagne, en entrevue. « C’est pourquoi j’ai senti le besoin d’écrire ce livre de vulgarisation, simple, mais approfondi à la fois, et surtout appuyé par toutes les dernières études sur le sujet. » Certains symptômes représentent un signal d’alarme et nécessitent une consultation médicale. « Chez la femme, des perturbations dans le cycle menstruel sont à surveiller : cycle trop long ou trop court, menstruations différentes dans le temps ou l’abondance, SPM qui se prolonge et s’amplifie. Ou encore, même sans perturbation dans le cycle, sueurs nocturnes, insomnie et agressivité dans la 2e partie du cycle. »  

Chez les hommes, d’autres symptômes sont à considérer : « manque d’entrain, d’énergie, petite déprime, perte de désir, diminution de la libido, dysfonction érectile ne répondant pas au Viagra ou autres prescriptions de la sorte », ajoute-t-elle.  

Périménopause  

La médecine peut faire quelque chose pour améliorer les symptômes désagréables de la périménopause – un calvaire pour beaucoup de femmes. « En début de périménopause (souvent quand le cycle est encore régulier), les femmes ressentiront des sueurs nocturnes en deuxième partie de leur cycle. Ce sera accompagné de fatigue intense par mauvaise qualité du sommeil, d’agressivité, de douleurs partout, de perte de libido. »  

« Tout cela signe le manque de progestérone, qu’on peut alors remplacer comme dans le cycle, c’est-à-dire du 14e au 28e jour du cycle, période où la progestérone est fabriquée habituellement. Il faut contrer cette tempête estrogénique qui peut tant perturber cette période de vie et qui est trop ignorée! »  

Les hommes aussi!  

Les hommes qui avancent en âge sont eux aussi sujets aux carences hormonales. « Les symptômes pour les hommes sont assez semblables, ce qui fait que ce sont les femmes qui me les amènent, ayant connu les bienfaits d’un remplacement hormonal! », lance-t-elle.  

« Vers l’âge de 55 ans, ils ressentent de la fatigue, une perte d’intérêt pour leur emploi et même leurs loisirs, une diminution du désir et de la libido, des sueurs nocturnes, une mauvaise qualité du sommeil, une prise de poids, une diminution de la masse musculaire. S’ajoutent la disparition des érections du petit matin et une accentuation de la dysfonction érectile que le Viagra ne corrige pas. La barbe pousse aussi moins vite », énumère-t-elle au sujet de la carence en testostérone.  

Mythes et peurs  

Il y a beaucoup de mythes et de peurs au sujet de l’hormonothérapie, et certains sont plus tenaces que d’autres. « On pense encore que les hormones font prendre du poids alors qu’au contraire, si bien dosées, elles améliorent la masse musculaire et diminuent la masse graisseuse. » L’autre peur – et non la moindre – concerne le cancer du sein. « Il y a de nombreuses femmes qui n’ont jamais pris d’hormones et ont eu un cancer du sein. Dans le rapport WHI, chez celles qui n’avaient pas d’utérus, l’étude s’est poursuivie 7 ans et il y a eu chez ces femmes une baisse de cancer du sein. Et ça, on n’en a pas parlé! (...) Cette peur du cancer de sein est tenace, hélas, et prive tant de femmes des bienfaits du remplacement hormonal... »  

La Dre Champagne ajoute qu’il y a moyen de régler une carence en estrogènes, qui provoque de nombreux symptômes, et que les effets sont rapides. « La prise d’estrogènes bien dosée mettra à peine une semaine à 10 jours pour vous montrer ses bienfaits! »  

Extrait  

« La progestérone micronisée peut régler de nombreux problèmes de périménopause. Son rôle dépasse de beaucoup la simple protection de l’endomètre contre une hyperplasie. Elle aide au sommeil, calme sueurs nocturnes et chaleurs diurnes, est légèrement diurétique (donc aide à dégonfler), rend plus “zen”, soulage les douleurs articulaires, les maux des seins, les douleurs aux jambes, les migraines et les menstruations abondantes. »  

 

<b><i>Le bonheur est-il hormonal ?</i></b><br/>
D<sup>re</sup> Marie-Andrée Champagne<br/>
Les Éditions de l’Homme<br/>
 248 pages
Photo courtoisie, Les éditions de l'Homme
Le bonheur est-il hormonal ?
Dre Marie-Andrée Champagne
Les Éditions de l’Homme
248 pages

♦ Marie-Andrée Champagne est médecin généraliste depuis plus de 40 ans. Elle est formée en ménopause, en médecine sexuelle et en santé des hommes.

♦ Le bonheur est-il hormonal ? est son troisième livre portant sur le sujet des hormones.