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Éducation: le réseau public gagne encore du terrain, au détriment des écoles privées

La proportion d’élèves fréquentant une école privée continue de chuter

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Alors que des milliers de petits Québécois s’apprêtent à reprendre le chemin des classes au cours des prochains jours, les écoles publiques font le plein d’élèves au détriment du réseau privé, qui continue de perdre du terrain.

La tendance se dessine depuis maintenant plus de cinq ans : la proportion d’élèves fréquentant les écoles privées est toujours en légère baisse, étant passée de 12,7 % en 2011-2012 à 11,8 % en 2017-2018, selon les derniers chiffres du ministère de l’Éducation. 

L’augmentation du nombre d’élèves est plus importante au public (+ 6 %) que dans le privé (+ 0,2 %). 

Claude Lessard, ancien président du Conseil supérieur de l’éducation, y voit un «freinage» de l’intérêt vers le privé, après avoir connu une forte croissance au cours des années antérieures. 

La popularité croissante des programmes particuliers dans les écoles publiques, particulièrement au secondaire, pourrait expliquer la situation, avance ce professeur émérite à l’Université de Montréal. Les élèves inscrits dans une concentration en informatique, un programme de sports-études ou un profil artistique sont plus nombreux depuis plusieurs années, ces programmes ayant été créés notamment pour faire concurrence au réseau privé. 

À la Fédération des établissements d’enseignement privés, on refuse toutefois de voir dans ces chiffres un essoufflement. « La population d’élèves augmente, les écoles privées sont plutôt pleines, alors que l’on construit de nouvelles écoles publiques », ce qui explique que la hausse soit moindre dans le réseau privé, affirme son président, David Bowles. 

Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires à ce sujet de la part de la Fédération des commissions scolaires du Québec. 

Pénurie de personnel

La rentrée s’effectue cette année alors que la pénurie de personnel cause bien des maux de tête aux commissions scolaires, notamment dans les services de garde. 

Le gouvernement a annoncé des millions de dollars supplémentaires pour recruter davantage d’enseignants, de professionnels et d’éducateurs spécialisés pour venir en aide aux élèves en difficulté cette année, mais il serait très étonnant que toutes les embauches puissent se concrétiser, selon la Fédération des commissions scolaires. 

Négociation avec les profs

L’année à venir sera par ailleurs marquée par plusieurs enjeux, à commencer par les négociations dans le secteur public, les conventions collectives des enseignants arrivant à échéance à la fin mars. Les demandes syndicales et l’offre patronale seront connues d’ici la fin décembre. Les enseignants ne pourront toutefois pas exercer légalement de moyens de pression avant la fin de leur convention collective. 

L’automne sera également marqué par le dépôt d’un projet de loi qui vise à abolir les élus scolaires afin de transformer les commissions scolaires en centres de service. La communauté anglophone a déjà annoncé son intention de contester la future loi devant les tribunaux. 

4 nouveautés de la rentrée 

► Des récréations deux fois par jour

À la rentrée, toutes les écoles devront dorénavant offrir deux « périodes de détente » de 20 minutes par jour, selon une directive décrétée par Québec. Dans plusieurs commissions scolaires, la période de récréation a été prolongée de cinq minutes pour répondre à cette demande. Mais la souplesse accordée par Québec en fin d’année et la confusion qui en a découlé auront aussi mené au statu quo dans certains cas. 

► Plus d’activités parascolaires et de sorties culturelles gratuites

Cette année, le quart des élèves du secondaire pourront avoir accès à une heure quotidienne d’activités parascolaires gratuites, une initiative mise en place grâce à un financement gouvernemental de 32 millions $. D’ici trois ans, cette mesure devrait être étendue à toutes les écoles secondaires. Par ailleurs, chaque élève de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire pourra réaliser deux sorties culturelles gratuites au cours de l’année scolaire, grâce aux millions supplémentaires injectés par Québec. 

► 250 nouvelles classes de maternelle 4 ans

Déterminé à offrir la maternelle pour tous les enfants de quatre ans d’ici cinq ans, le gouvernement Legault accélère le déploiement cette année, en ajoutant 250 nouvelles classes dans le réseau scolaire, pour un total de 644. 

► Du ménage dans la facture scolaire

De nouvelles règles sont en place cette année concernant la facture scolaire. Les changements visent à clarifier ce qui doit être gratuit ou payé par les parents. La nouvelle loi devrait permettre de limiter les exagérations connues dans le passé, mais ne va pas forcément faire diminuer les coûts, selon la Fédération des comités de parents du Québec, qui se réjouit néanmoins des clarifications apportées après la confusion qui a régné dans le passé.