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Accès aux soins de santé: plus de pouvoirs aux infirmières bachelières?

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Après avoir promis plus d’autonomie aux super infirmières, le gouvernement Legault examine la possibilité d’étendre le pouvoir de prescription à l’ensemble des infirmières bachelières.

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS), qui sont détentrices d’une maîtrise universitaire et d’une formation en science médicale, pourront bientôt diagnostiquer des problèmes de santé courants sans la supervision d’un médecin. Un projet de loi sera déposé cet automne par la ministre Danielle McCann en ce sens.

Danielle McCann<br>
<i>Ministre de la Santé</i>
Photo Agence QMI, Simon Clark
Danielle McCann
Ministre de la Santé

Mais la CAQ évalue d’autres avenues pour améliorer l’accès aux soins de santé. Un des scénarios examinés vise à étendre aux infirmières bachelières le pouvoir de prescrire des tests et des médicaments lorsqu’un diagnostic a été posé. Selon les plus récentes données de l’Ordre des infirmières du Québec (OIIQ), 43,9 % de l’effectif infirmier est maintenant titulaire d’un bac.

«On est toujours dans une réflexion globale pour l’amélioration de l’accès aux soins pour les patients québécois. Il y a plein d’idées qu’on examine, celle-là peut en faire partie effectivement», a convenu hier le porte-parole de la ministre de la Santé.

Alexandre Lahaie ajoute toutefois qu’il est «trop tôt» pour conclure de sa faisabilité. La CAQ veut d’abord donner davantage de pouvoirs aux super infirmières. «Dans le projet de loi sur les IPS, [il n’y aura] rien sur les infirmières bachelières», a-t-il insisté.

Le Collège des médecins inquiet

Inquiet, le Collège des médecins a tout de même réclamé récemment une discussion avec la ministre McCann. Ouverts à plus de pouvoirs aux super infirmières, les médecins sont beaucoup plus frileux à l’idée de permettre aux bachelières de prescrire des tests et des médicaments.

«La formation des infirmières bachelières n’est pas suffisante pour exercer de nouvelles activités médicales au-delà du cadre réglementaire déjà adopté», précise l’ordre dans un mandat inscrit au registre des lobbyistes.

Le Collège s’est dit rassuré par ses récents échanges avec le gouvernement. Mais les médecins continuent de voir les IPS comme des infirmières à part. «Ce sont des infirmières qui ont une maîtrise, qui ont une formation complètement différente des infirmières bachelières», a précisé la relationniste Annie-Claude Belisle.

— Avec la collaboration de Marie Christine Trottier