/news/health
Navigation

Selon les médecins de famille: les infirmières trop débordées pour faire des prescriptions

Coup d'oeil sur cet article

Étendre le pouvoir de prescription aux infirmières bachelières, qui sont déjà débordées, ne permettrait pas d’améliorer l’accès aux soins de santé, estiment les médecins de famille.

Très peu d’infirmières se tournent les pouces à l’heure actuelle, selon Jean-Pierre Dion, directeur des communications à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

« Penser qu’en leur en mettant plus sur les épaules, en leur demandant de faire autre chose qui relève de l’expertise des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ou du corps médical, c’est ça qui va aider le réseau, quand elles peinent à suffire à la demande en soins infirmiers, il y a quelque chose pour nous qui relève un peu de la pensée magique », insiste-t-il.

Pénurie de personnel

Après avoir promis plus de pouvoirs aux super infirmières, le gouvernement Legault examine la possibilité d’étendre aux infirmières bachelières le droit de prescrire des tests et des médicaments lorsqu’un diagnostic a été posé.

Mais la pénurie de personnel infirmier rend cette solution inapplicable sur le terrain, selon Jean-Pierre Dion. Dans des régions comme la Gaspésie, on demande actuellement aux médecins « d’aider aux soins infirmiers » en obstétrique, illustre-t-il.

« On manque de bras. Les infirmières, elles sont débordées [...], ce qu’il faut, c’est des médecins de famille pour faire de la médecine, c’est ça qu’il faut surtout, et les IPS vont venir nous aider. »

Meilleur accès

À la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), on voit évidemment les choses de manière différente. La vice-présidente Cynthia Pothier voit d’un bon œil l’ouverture de la CAQ à donner plus de pouvoirs aux infirmières bachelières.

« Quand on parle d’élargir le rôle des professionnelles en soins, ça permet un meilleur accès des soins à la population », croit-elle fermement.

La porte-parole de la FIQ ne veut pas, toutefois, que cette avenue envisagée par la CAQ nuise aux nouveaux pouvoirs qui seront accordés aux IPS. Les super infirmières, détentrices d’une maîtrise universitaire et d’une formation en science médicale, pourront bientôt diagnostiquer des problèmes de santé courants sans la supervision d’un médecin.