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[VIDÉO] Un grimpeur escalade illégalement les ponts de Québec et de l’Île-d’Orléans

Le cascadeur Shawn Gourrand a filmé et publié ses exploits sur les réseaux sociaux

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Un amateur de sensations fortes s’est filmé, récemment, en train d’escalader le pont de Québec et celui de l’Île-d’Orléans. Des actions «dangereuses», estiment les autorités, mais qui n’entraînent pas automatiquement d’accusations ou de contraventions.

Questionnés par Le Journal, ni la Sûreté du Québec ni le Service de police de Québec ni le ministère des Transports n’ont été en mesure de dire si le jeune cascadeur de Québec, Shawn Gourrand, s’exposait à une amende ou à une contravention, même s’il filme et publie ses exploits sur les réseaux sociaux.

 Le grimpeur amateur Shawn Gourrand, de Québec, se filme régulièrement en train d’escalader des structures dangereuses, comme ici le pont de Québec, dont il a atteint le sommet récemment.
Capture d'écran, Youtube
Le grimpeur amateur Shawn Gourrand, de Québec, se filme régulièrement en train d’escalader des structures dangereuses, comme ici le pont de Québec, dont il a atteint le sommet récemment.

«S’il nuit à la circulation en l’entravant avec des objets par exemple ou par sa présence, oui, il est passible d’une contravention», a affirmé Claude Doiron, porte-parole de la Sûreté du Québec, de qui relève la sécurité sur les ponts de Québec.

Le sergent a par ailleurs évoqué la possibilité que le grimpeur téméraire soit accusé de méfait. Mais selon l’avocat criminaliste Kevin Morasse, spécialisé en infraction au code de la sécurité routière, il faudrait prouver que le cascadeur endommage le pont, bloque la circulation ou empêche l’utilisation du pont d’une quelconque façon.

 Le grimpeur amateur Shawn Gourrand, de Québec, se filme régulièrement en train d’escalader des structures dangereuses, comme ici le pont de Québec, dont il a atteint le sommet récemment.
Capture d'écran, Youtube
Le grimpeur amateur Shawn Gourrand, de Québec, se filme régulièrement en train d’escalader des structures dangereuses, comme ici le pont de Québec, dont il a atteint le sommet récemment.

L’accès aux ponts «très facile»

Même si le ministère des Transports soutient pour sa part avoir doté le pont de Québec «d’équipements empêchant d’y grimper», le jeune cascadeur de 23 ans affirme qu’il a été «très facile» de déjouer les barrières de sécurité.

«Pour le pont de Québec, c’est juste une petite barrière anti-suicide à traverser et, sur le pont de l’Île, c’est encore plus facile. Je me suis juste étiré pour monter et c’était parti», a indiqué le grimpeur, contacté par Le Journal.

Ce dernier déconseille toutefois ceux qui seraient tentés de l’imiter. «Je ne brise rien, je ne touche à rien et je n’entrave pas la circulation. Je ne veux pas déranger personne et faire arriver du monde en retard à leur travail», précise-t-il. Le grimpeur a par ailleurs refusé de dire quand exactement il s'est exécuté sur les ponts de Québec et de l'Île d'Orléans.

Il a également touché le sommet du pont de l’Île-d’Orléans. « Je le fais pour l’adrénaline, c’est imbattable, mais je déconseille aux gens de le faire », précise-t-il.
Capture d'écran, Youtube
Il a également touché le sommet du pont de l’Île-d’Orléans. « Je le fais pour l’adrénaline, c’est imbattable, mais je déconseille aux gens de le faire », précise-t-il.

Église Saint-Roch et grue

Sur ses comptes YouTube et Instagram, il a aussi publié des vidéos où on le voit notamment escalader le toit de l’église Saint-Roch et une grue sur un chantier de construction de Beauport. La plupart du temps, le jeune homme s’exécute à l’abri des regards, soit la nuit ou à l’aube, cagoulé et vêtu de noir.

À la police de Québec, on précise que si un citoyen aperçoit le grimpeur et porte plainte, un déplacement policier pourrait engendrer des accusations pour méfait public. «L’individu pourrait aussi s’exposer à une accusation pour intrusion de nuit si c’est sur un terrain privé ou une contravention flânage. C’est du cas par cas», précise la porte-parole Cyndi Paré.

«Mais, c’est certain qu’on va intervenir [si un citoyen signale la présence du grimpeur], parce que l’individu met sa sécurité en jeu», poursuit Mme Paré, soulignant que ces types d’escalades ne sont «pas recommandés».

Le ministère des Transports et le Canadien National ont par ailleurs ajouté qu’ils pourraient poursuivre les individus qui s’adonnent à de telles manœuvres sans permission.

Constats d’infraction

Rappelons qu’en mai 2018, un couple de Français avait écopé de constats d’infraction pour avoir pris un égoportrait au sommet du pont de Québec.

Dans ce cas, un important déploiement policier avait été effectué, et la circulation avait été perturbée pendant près de 30 minutes.