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Bordel informatique: Québec revoit complètement Accès UniQc

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Le gouvernement Legault a décidé de faire table rase dans le dossier informatique Accès UniQc, admettant que l’argent des Québécois a été mal investi dans ce projet par le passé. Il retire même le dossier d’affaires des mains du ministère du Travail, qui y travaillait depuis deux ans.  

L’argent «a été très mal investi par l’ancien gouvernement», a affirmé Christian Dubé, président du Conseil du trésor. «Pour la suite, on va voir comment on va faire les choses, mais la bonne décision était de suspendre le projet, qui était complètement hors contrôle. M. Caire est en train de trouver la solution.»  

L’objectif du projet est de créer une solution moderne d’authentification du citoyen pour qu’il accède à l’ensemble des services en ligne du gouvernement.  

Notre Bureau d’enquête dévoilait mercredi matin que le projet informatique Accès UniQc est en totale déroute depuis deux ans, en raison d'une évaluation des coûts défaillante, de chicanes, de retards, d'improvisation et de risques pour la vie privée. Des évaluations internes obtenues par notre bureau laissent miroiter un projet de plus de 300 M$, qui était pourtant évalué à 86 M$ à la fin 2017.  

Les sommes n’ont jamais été portées à la connaissance du gouvernement, admet le ministre délégué à la transformation numérique, Éric Caire.  

«Les chiffres qu’on nous relatait n’étaient pas de cet ordre-là», a mentionné le ministre délégué en mêlée de presse.  

Nouveau meneur  

Pour l’instant, la solution a été de retirer le dossier d’affaires des mains du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) et de le rapatrier au nouveau Centre québécois d’excellence numérique (CQEN), récemment créé par le ministre délégué.  

«C’est à eux qu’on a demandé de revoir le projet et j’ai totalement confiance en l’équipe», a-t-il dit, assurant que le gouvernement «a évité un fiasco».  

Il ajoute que les retards devraient être limités, car le dossier d’affaires sera déposé avant la fin de l’année et le projet réalisé en 2020. Il assure aussi que le coût d’Accès UniQc sera beaucoup moins élevé que celui qu'avait prévu le MTESS.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Fini le bordel?  

En mêlée de presse, Éric Caire a même garanti aux Québécois la fin du bordel informatique.  

«Oui, on peut [la] leur garantir», a promis le ministre.  

Selon le critique de l’opposition officielle, Gaétan Barrette, Éric Caire improvise. «On se retrouve avec des montants astronomiques [...] s'il y a du bordel informatique aujourd'hui, il est sous la responsabilité du gouvernement actuel.»  

Il ajoute que le projet de loi 14, qui doit permettre à Accès UniQc de voir le jour, est «incomplet».  

Même son de cloche au Parti québécois. «La chicane est poignée et le shérif n'est pas capable de savoir quel sera son plan pour la suite [...] Présentement, la certitude qu'on a, c'est que c'est le bordel», a plaidé le député Martin Ouellet.  

Par ailleurs, les travaux du comité sur la protection des renseignements personnels et de la vie privée du projet Accès UniQc ont été reportés. Par conséquent, les sommes de 250$ l'heure inscrites aux contrats des experts n’ont pas été payées pour le moment.  

– Avec la collaboration de Geneviève Lajoie