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Immigration en régions: enfin des gestes concrets

Le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette
Simon Clark/Agence QMI Le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette

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Pendant que toute l’attention, ou presque, est tournée vers la commission parlementaire sur l’avenir des médias, une bonne nouvelle nous vient sur un tout autre front.  

«Régionalisation de l’immigration». Combien de gouvernements au Québec en ont parlé, mais sans poser de véritables gestes concrets pour tenter, tout au moins, de la favoriser.  

Aujourd’hui, cette mauvaise tendance vient d’être brisée.  

Avec son collègue ministre du Travail, Jean Boulet, Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), annonce une série de nouveaux investissements de 8,3 M$. Des investissements attendus depuis longtemps.  

À travers le Québec, le MIDI prévoit donc ouvrir 40 nouveaux points de service alors qu’il n’y en a que 21 pour le moment.  

Deux nouvelles directions régionales s’ajouteront aux quatre existantes.  

Aux 51 employés du MIDI en régions s’ajouteront aussi 111 nouveaux collègues.  

En plus des 37 conseillers en partenariat, le MIDI en ajoutera 18 autres.  

Bref, c’est un virage passablement majeur et combien nécessaire.  

Partout en Occident, les grandes villes sont les principaux vecteurs de l’immigration. Normal. Les services y sont plus nombreux et les immigrants y trouvent également souvent des compatriotes de leur pays d’origine.  

Au Québec, la seule nation de langue française en Amérique, l’enjeu linguistique doit aussi être pris en compte. Et ce, de manière importante.  

Or, à Montréal, la francisation des immigrants qui ne connaissent pas le français à leur arrivée est plus ardue. Il faut dire que par inaction des gouvernements, on a également laissé les milieux de travail se «rebilinguiser». La force d’attraction de l’anglais y est donc encore très réelle.  

Aux antipodes, en régions, les populations étant très, très majoritairement de langue française, l’intégration et la francisation se font habituellement beaucoup plus facilement. Impossible d’y vivre et d’y travailler sans apprendre à maîtriser le français.  

Le problème est que les gouvernements n’ont pas investi les ressources nécessaires à un début de régionalisation de l’immigration. Loin s’en faut.  

Cela dit, est-ce que l’annonce d’aujourd’hui permettra au gouvernement Legault de voir un nombre plus important d’immigrants choisir de s’installer en régions? Là où sévit aussi une grave pénurie de main-d’œuvre?  

La force d’attraction d’une grande ville comme Montréal étant dure à battre, de toute évidence, la réponse à cette question est impossible à prédire. Il faudra également s’assurer que les populations locales ont-elles-mêmes suffisamment de ressources pour bien accueillir et intégrer de nouveaux arrivants.  

La seule chose de sûre est que le gouvernement actuel agit, enfin. Et ça, c’est déjà une bonne nouvelle.