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Le prochain ministre des Transports aura le dernier mot

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Air Canada, qui espérait conclure l’acquisition de Transat au début de 2020, devra plutôt attendre jusqu’au printemps prochain, sinon davantage.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, donne jusqu’au 2 mai à ses fonctionnaires pour mener une « évaluation de la transaction au regard de l’intérêt public ». La décision a fait chuter de 4,7 % le titre de Transat, qui a clôturé à 15,22 $ hier en Bourse, loin des 18 $ promis par Air Canada.

Pas surprenant

Ce long délai « n’est pas surprenant compte tenu de l’ampleur de la transaction », commente Subrata Bhattacharjee, associé au cabinet d’avocats BLG à Toronto.

La consultation de Transports Canada ratissera large pour englober des questions comme « l’impact sur l’emploi au Québec », précise le spécialiste.

En parallèle, le Bureau de la concurrence sondera des concurrents d’Air Canada et de Transat pour tenter de prédire les répercussions sur les tarifs aériens.

Rappelons que les deux transporteurs détiendront plus de 60 % du marché transatlantique et plus de 45 % de celui vers le Sud.

Prédictions difficiles

C’est le prochain ministre des Transports qui aura le dernier mot. Plus tôt cette année, le Bureau de la concurrence s’est montré très critique face à la fusion des compagnies First Air et Canadian North. M. Garneau a néanmoins entériné la transaction en imposant des conditions strictes quant aux augmentations tarifaires et au maintien des vols existants.

« Comme la décision est essentiellement à la discrétion du ministre, il est difficile de faire des prédictions », note M. Bhattacharjee.

Fred Lazar, professeur à l’Université York, croit que le Bureau de la concurrence forcera Air Canada à céder des créneaux aéroportuaires à des transporteurs étrangers comme Turkish Airlines et Icelandair.

« Ce sera très difficile pour le ministre de ne pas tenir compte du Bureau de la concurrence », soutient M. Lazar, tout en reconnaissant que de faire une plus grande place à des concurrents étrangers pourrait être impopulaire politiquement.

Selon lui, WestJet pourrait carrément demander l’annulation de la transaction.