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Anthopoulos l’avant-gardiste

Alex Anthopoulos
Photo d’archives Alex Anthopoulos

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Il ne faut pas craindre de faire des changements majeurs au sein d’une équipe professionnelle. Par contre, on doit s’assurer que le successeur peut faire le travail.

Commençons avec les Expos qui avaient décidé de congédier le premier gérant de leur histoire, l’un des meilleurs de l’histoire du baseball, Gene Mauch. Son successeur Karl Kuehl avait connu beaucoup de succès dans les mineures, mais son séjour avec la formation montréalaise fut un désastre, mais jamais autant que celui de la venue de Tom Runnels, qui est sans aucun doute aujourd’hui un excellent adjoint chez les Rockies du Colorado.

Heureusement, la direction des Expos a pris la sage décision de congédier Runnels et de nommer Felipe Alou comme son successeur.

Chez le Canadien, on a vécu le congédiement de Jacques Martin. Critiquer la décision du directeur-gérant Pierre Gauthier serait injuste, car la conjoncture entourant le congédiement est souvent le résultat de situations internes au sein de l’organisation qu’on ne connait pas.

Par contre, le choix de Randy Cunneyworth à titre de successeur de Jacques Martin a été sans aucun doute une aussi grave erreur que les nominations de Karl Kuehl et Tom Runnels avec les Expos.

L’audace d’Anthopoulos

Durant la saison 2015, Mark Shapiro a été nommé président des Blue Jays de Toronto.

L’arrivée du nouveau président des Blue Jays a pris un tournant favorable dans la carrière de l’ancien directeur-gérant des Blue Jays, Alex Anthopoulos. Le nouveau président des Jays a offert une prolongation de contrat de cinq ans à Alex Anthopoulos, mais ce dernier l’a refusée. Alex ne partageait pas la même philosophie de gestion de l’équipe que celle du nouveau président.

Il ne faut jamais regretter une décision, mais on doit avouer que son départ fut le coup d’envoi vers un excellent cheminement de carrière. En janvier 2016, Alex s’est joint aux Dodgers, à titre de premier vice-président des opérations baseball. Ensuite en novembre 2017 il fut nommé vice-président exécutif et directeur-gérant des Braves d’Atlanta.

À titre de directeur-gérant il n’a jamais craint d’effectuer des échanges pour améliorer les chances de son équipe de participer aux séries.

L’an dernier, il a acquis Josh Donaldson pour mieux encadrer les Ronald Acuna fils, Ozzie Albies et

Freddie Freeman. Il y a eu beaucoup de critiques entourant sa décision d’acquérir Josh Donaldson, mais aujourd’hui ses dénigreurs sont discrets, car, cette année, Donaldson a atteint le cap de 32 circuits, et la saison est loin d’être terminée.

Le baseball majeur a changé sa date limite d’échanges au 31 juillet.

Alex Anthopoulos est sans aucun doute un avant-gardiste. Il a déjoué la nouvelle réglementation en acquérant par la route du ballotage Mark Melancon, Shane Greene, Adeiny Hechavarria, Billy Hamilton et Francisco Cervelli. Le trio de jeunes joueurs des Jays, Guerrero Jr, Biggio et Bichette est sans aucun doute comparable à celui des Braves, composé de Ronald Acuna fils, Ozzie Albies et Freddie Freeman. Juste à y penser, je rêve de la formation qu’Anthopoulos aurait pu construire en ajoutant des vétérans pour appuyer ce jeune trio prometteur des Jays.

Un des grands gérants québécois

Richard « Skip » Émond est impliqué depuis près de 50 ans dans le baseball au Québec. Il a été entraîneur à tous les niveaux dans la province avec des séjours à Rosemont et au Centre Immaculé-Conception avant de diriger les meilleurs joueurs midgets au sein de la formation. Il a été le premier entraîneur québécois à participer au camp d’entraînement des joueurs mineurs des Expos à titre d’entraîneur-invité.

Richard est membre fondateur et ancien entraîneur-chef et directeur de l’Académie de baseball du Canada (ABC). Il a également été le premier entraîneur-chef du fameux programme Les Ailes du Québec, maintenant connu comme étant l’ABC 17U et l’ABC 16 durant la saison estivale. Je me souviens encore lorsqu’il s’est présenté en Floride aux camps d’entraînements du baseball mineur pour affronter les équipes professionnelles. Imaginez-vous la réaction des experts du baseball majeur lorsque l’équipe qu’il dirigeait a vaincu une formation professionnelle pour la première fois.

Connaissez-vous beaucoup d’entraîneurs amateurs qui ont dirigé des joueurs qui ont évolué soit dans la LNH, la NBA, la NFL, la CFL ou le baseball majeur? Dans ce groupe est-ce qu’il y a un entraîneur qui a dirigé 12 joueurs qui ont atteint le summum de leur sport?

Émond a dirigé 12 joueurs qui ont atteint le baseball majeur. Parmi ceux-ci, il y a Denis Boucher, Russell Martin, Éric Gagné, Philippe Aumont, ancien premier choix au repêchage des Mariniers et le dernier et non le moindre, Abraham Toro, avec les Astros.

Être reconnu à sa juste valeur dans sa province, c’est très difficile et encore plus à travers le Canada.

Félicitations à Baseball Québec pour la nomination de Richard Émond au sein de son Temple de la renommée. Espérons que cette nomination ouvrira les portes à son intronisation au Panthéon des sports du Québec et au Temple de la renommée du baseball canadien.