/opinion/columnists
Navigation

Donald Trump est-il en train de dérailler?

Coup d'oeil sur cet article

Les comportements erratiques du président prennent beaucoup de place dans les débats politiques aux États-Unis depuis quelque temps. Que se passe-t-il ? Est-ce le début de la fin ?

Normalement, dans une période de prospérité comme celle que vivent les États-Unis, le président devrait être réélu, même si les sondages lui sont défavorables.

Le mot-clé ici est « normalement ». Un président normal aurait de fortes chances d’être réélu, mais Donald Trump démontre quotidiennement qu’il n’est pas un président normal.

Déjanté

Avant Biarritz, les signes de déraillement s’accumulaient. Dans ses tweets et ses entrevues impromptues, Donald Trump enfilait les déclarations insensées.

On se rappelle l’épisode loufoque de son offre d’achat du Groenland, poliment, mais fermement rejetée par la première ministre danoise. Comme un bambin contrarié,

Trump a annulé cavalièrement sa visite au Danemark. On se souvient aussi que ses propos incohérents sur la politique commerciale ont semé la tempête dans les marchés financiers.

Au G7, Emmanuel Macron a su éviter le pire en ménageant soigneusement les susceptibilités de son « grand ami ». Ça n’a pas empêché Trump d’offrir une conférence de clôture truffée de faussetés et d’insister pour tenir le prochain G7 dans son propre club de golf, en violation flagrante de l’éthique... et même de la Constitution.

Et ça continue. Alors que Dorian menaçait Porto Rico, Trump relançait ses chicanes puériles avec les politiciens de l’endroit.

Il a aussi promis le pardon présidentiel à ceux qui enfreindraient les lois pour l’aider à construire son mur frontalier, un abus de pouvoir manifeste.

Bref, Trump déraille.

Des causes

Certains n’y voient rien de nouveau. Trump, affirment-ils, ne peut pas dérailler parce qu’il n’a jamais vraiment été sur les rails.

Ils n’ont pas tort, mais d’autres y voient une réaction à son déclin politique. Sa cote d’approbation baisse et tous les sondages indiquent qu’il perdrait contre les principaux aspirants démocrates.

Pire, alors que l’économie est sa seule planche de salut, les signes d’une récession commencent à poindre et l’opinion perd confiance en ses capacités de gestionnaire économique.

Les mauvaises langues ajouteront qu’il perd les pédales parce que les commissions d’enquête sur son compte s’approchent de ses rapports d’impôt. C’est à suivre.

Conséquences

Si l’économie se maintient et si le président agit normalement, il devrait être réélu. Mais ni l’une ni l’autre de ces conditions n’apparaît certaine.

La performance économique des États-Unis dépend de facteurs qui échappent largement au contrôle du président. Si l’économie évite le pire, avec la caisse électorale éléphantesque dont il disposera — sans parler de la propension des démocrates à se tirer dans le pied — Donald Trump n’aurait qu’à contrôler ses impulsions pour gagner.

Il semble de plus en plus manifeste qu’il n’y parviendra pas. Si les déraillements qu’on observe depuis quelque temps sont une indication du genre de campagne qu’il mènera et si la métamorphose du Parti républicain en un culte de la personnalité se poursuit, la défaite s’annonce amère et la pente sera difficile à remonter.