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Entre improvisation et incompétence!

Entre improvisation et incompétence!
Photo d'archives

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La satisfaction béate à l’égard de la CAQ semble inaltérable malgré l’improvisation dont elle fait preuve. Les ministres disent n’importe quoi et improvisent à qui mieux mieux sans que la couverture téflon enrobant leur parti soit affectée par les égratignures de l’opposition ou autres acteurs de la scène politique. Même le manque d’imagination du premier ministre dans la vente d’Air transat ne rebelle pas le bon peuple malgré les promesses caquistes de préserver les fleurons québécois.

Éducation, transport, immigration et crise des médias occupent l’avant scène ces derniers jours et mettent en exergue les effets néfastes du clientélisme électoral. Flirtant avec le populisme et après avoir fait quelques promesses en campagne électorale sans avoir soupesé tous les impacts, le gouvernement Legault essaie de se dépêtrer tant bien que mal dans leur mise en œuvre cahoteuse. Les maternelles 4 ans, le tunnel Québec, les seuils d’immigration, l’aide aux médias et la péréquation reflètent la détermination mais aussi la turpitude de ce gouvernement.

En début d’été, le ministre François Bonnardel annonçait que le troisième lien à Québec serait un tunnel sans trop que nous puissions comprendre sa précipitation à faire une telle annonce, si ce n’est de cajoler l’électorat caquiste en faisant montre d’un évident manque de sens des responsabilités. Sous le tollé d’opposition de la plupart des experts et d'excellents reportages du Journal, le ministre rebondit avec un possible péage sans plus d’analyse que lors de ses premières bourdes. Enlisé dans les déconvenues, il commence à laisser entendre que l’avenir du tunnel dépendra d’Ottawa, façon commode de cibler un éventuel bouc émissaire et de se délivrer d’une promesse loufoque.

En matière d’immigration, ce gouvernement de gens d’affaire fait paradoxalement face à la fronde des associations patronales et chambres de commerce du Québec sur le seuil d’immigration jugé trop bas par ces dernières. Sans savoir sur quelle analyse les caquistes ont fixé à 40 000 le seuil de nouveaux arrivants, le patronat voudrait le voir relever à 60 000 pour combler les besoins de main d’œuvre. Tout cela après que le ministre Jolin Barrette ait réussi à soulever l’indignation avec son programme Arrima en mettant aux rebuts 18 000 demandes d’immigration, dont des personnes résidant au Québec depuis plusieurs années. Pour apaiser la grogne il enverra des fonctionnaires en région pour y élever le nombre d’immigrants sans trop savoir pourquoi ceux-ci tendent à demeurer dans les grands centres.

Du côté média, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, clamait qu’elle ne voulait pas de solutions à la pièce et prétendait être à la recherche de mesures plus structurantes et universelles. En bout de course, elle a été acculée à une aide d’urgence à Capitales Médias et nous n’avons pas encore eu l’occasion de la voir déployer son imagination pour des solutions à long terme.

Relativement à la péréquation, c’est le premier ministre lui-même qui s’est fait donné la leçon par la relève de son parti. Les jeunes caquistes ont dû lui expliquer que ce n’est pas de l’assistance sociale, que nous y contribuons et que c’est une formule d’équité plus qu’acceptable pendant que d’autres provinces profitent des largesses d’Ottawa. Faisant sienne la leçon, monsieur Legault a voulu la faire au premier ministre Albertain Jason Kenney qui n’a pas tardé à lui redonner un petit cours d’histoire.

Encore plus ahurissant, c’est la désinvolture du ministre de l’Éducation qui n’a jusqu’ici rien fait avancer et qui a de la facilité à repousser la faute sur les prédécesseurs ou les collaborateurs. Après avoir annoncé la révolution dans les frais accessoires, il a quasi reconduit le statu quo et maintenu des frais exorbitants pour les classes à projet particulier, poursuivant ainsi la ségrégation scolaire. Par rapport aux maternelles 4 ans, il va finir par tuer la bonne idée avec son improvisation constante et son manque de perspective, sans compter la gaffe des frais remboursés aux Ontariens et New-Yorkais venus témoigner en sa faveur à la commission parlementaire. Relativement à la pénurie de profs, il s’en lave les mains en l’imputant aux libéraux et en faisant appel à l’imagination des milieux, faute d’en avoir lui-même. Pour ajouter à la détraque, il annonce que les économies générées par la disparition des commissions scolaires seront retournées dans les écoles sans même qu’on soit assuré qu’il y en aura au bout du processus. Mis à part son activisme d’apparence, la contribution du ministre à l’éducation demeurera anémique s’il poursuit sur sa lancée actuelle.

Aujourd’hui satisfait, une majorité de Québécois préfère croire que les faux pas caquistes sont la résultante d’improvisation et d’un manque de rigueur dans la planification, mais déjà certains sont persuadés qu’ils sont incompétents pour gérer les affaires de l’État.