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Mon «top 10» des déraillements récents de Trump

Mon «top 10» des déraillements récents de Trump
Photo AFP

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Ma chronique d’aujourd’hui parle des déraillements de Donald Trump. Pour ceux qui pourraient douter qu’il y a un problème, voici un rappel un peu plus détaillé de quelques exemples récents.  

À la suite de ma chronique d’aujourd’hui qui mentionne le comportement erratique du président des États-Unis, récemment — oh surprise! — j’ai reçu des commentaires outrés de la part de lecteurs qui croient que j’exagère. Comme le format de nos chroniques ne me permet pas de fournir beaucoup de détails, j’ai choisi de présenter ici une petite liste du «top 10» des épisodes récents où Donald Trump semble avoir perdu les pédales (en supposant qu’il ait déjà eu les pédales, ce qui n'est pas évident). On pourra contester l'ordre de ces épisodes, mais certes pas leur caractère ridicule de la part de celui qui occupe le poste qui venait il n'y a pas si longtemps que ça avec le titre de «leader du monde libre».    

10. Faire exploser une bombe nucléaire pour stopper un ouragan  

Cette suggestion est totalement absurde. D’une part, tous les spécialistes des tempêtes tropicales sont d’avis que ça ne changerait rien à la trajectoire ou à l’intensité d’une tempête. D’autre part, les retombées radioactives seraient dispersées sur de très larges sections du territoire américain à l’arrivée de la tempête. Évidemment, Trump nie avoir émis cette idée, mais Axios maintient que ses sources sont solides et crédibles.   

9. «Je suis l’Élu» (I am the Chosen One)  

Trump a laissé aller ce commentaire en se tournant vers le ciel alors qu’il insistait être le seul à pouvoir négocier une entente commerciale avec la Chine. Plus tard, il s’est défendu en disant que c’était du sarcasme et que tout le monde rigolait autour de lui. Pourtant, personne ne rigolait et cette formule lui a échappé le même jour ou il retweetait l’éloge d’un fan qui lui mentionnait que les Israéliens «l’aiment comme s’il était le roi d’Israël. Ils l’aiment comme s’il était la deuxième apparition de Dieu». («[...] the Jewish people in Israel love him [...] like he’s the King of Israel. They love him like he is the second coming of God...» ). Ce qui nous mène à l’épisode suivant.   

8. Les Juifs qui n’appuient pas Trump font preuve de déloyauté envers leur peuple.  

Donald Trump sait que près de 80% des Juifs américains ont voté contre lui et s’opposent à sa réélection. C’est ce qui l’a amené à dire que les Juifs qui votent pour les démocrates sont déloyaux envers leur peuple. Dans sa perspective, puisque son administration appuie à fond la ligne dure de la droite israélienne, les Juifs américains devraient naturellement se ranger derrière lui. Plusieurs critiques ont souligné qu’une telle perception tribale de cette communauté relève de l’antisémitisme, mais Donald Trump et ses partisans n’en démordent pas.    

7. «J’ordonne aux entreprises américaines de ne pas faire affaire avec la Chine.»  

Au matin du 23 août, Trump était particulièrement volubile sur Twitter et il était déterminé à appliquer le maximum de pression sur la Chine pour que son gouvernement lui fasse les concessions commerciales qu’il réclamait. Évidemment, personne ne conteste le fait que la Chine n’est pas un partenaire commercial commode et qu’elle doit faire des concessions, mais il est plutôt risible de lire cet ordre formel lancé aux compagnies américaines, et qui n’a absolument aucune portée. Le président n’a strictement aucune autorité pour ordonner ainsi aux compagnies privées de ne pas faire affaire où elles l’entendent, à moins que la loi ne les en empêche. C’est d’autant plus risible que tout le monde sait très bien qu’une vaste proportion des biens qui arborent la marque de commerce «Trump» ou «Ivanka Trump» sont ou ont été fabriqués en Chine.   

6. Qui est notre plus grand ennemi, Jerome Powell (le président de la Réserve fédérale) ou Xi (le président chinois)?  

Ce tweet est venu juste avant celui qui est mentionné au point précédent. Il n’est pas entièrement clair laquelle de ces deux montées de lait a eu le plus d’effet sur les marchés, mais dans les minutes qui ont suivi, l’indice Dow Jones a chuté de plusieurs centaines de points et a perdu ce jour-là 2,4% de sa valeur.    

5. Un appel fictif de la Chine  

Toujours sur le même thème, lors de sa conférence de clôture du G7, Donald Trump a mentionné qu’il avait reçu un appel secret de représentants chinois pendant la nuit, qui l’assuraient que les pourparlers commerciaux avaient de bonnes chances de succès. Les marchés ont réagi immédiatement en gagnant près d’un point de pourcentage. En fait, les responsables chinois nient avoir appelé Trump et personne n’a pu confirmer que cet appel a effectivement eu lieu. Plus tard, des membres de l’entourage de Trump ont allégué que le président souhaitait seulement rassurer les marchés et renverser la tendance à la baisse sur les bourses — en mentant.    

4. Trump attribue des propos fictifs aux autres leaders du G7   

Dans un tweet suivant la rencontre de Biarritz, le président affirme que la question qui lui a été posée le plus souvent par les leaders du G7 «qui croient que les États-Unis vont tellement bien», est: «Monsieur le président, pourquoi les médias américains détestent-ils leur pays à ce point? Pourquoi cherchent-ils activement à provoquer sa chute?» Évidemment, aucun des leaders présents au sommet n’a confirmé avoir posé cette question ou même quoi que ce soit qui lui ressemblerait de près ou de loin. Il s’agit d’une pure invention à l’attention exclusive de sa base électorale.   

3. L’achat du Groenland  

En soi, l’idée de l’achat du Groenland par les États-Unis n’est pas totalement insensée. Un tel projet avait été discuté plus ou moins sérieusement au début de la Guerre froide par les administrations Truman et Eisenhower. Le problème est la façon avec laquelle le président a réagi après le refus poli et ferme du gouvernement danois d’aborder cette question. Le Groenland n’est pas à vendre. Dans un tweet, Trump a brusquement et cavalièrement annulé la visite qu’il devait faire au Danemark à l’invitation de la reine de ce pays. La Couronne et le gouvernement du Danemark ont ensuite fait savoir que l’invitation faite au président tient toujours, mais on peut se demander quel genre d’accueil les Danois lui réserveraient s’il décidait d’y donner suite.    

2. Trump souhaite tenir le G7 en 2020 à son club de golf  

Lors de sa conférence de presse à la fin du G7, Donald Trump avait plus l’air par moment d’un promoteur pour son club de golf de Miami que du président du pays hôte du prochain G7. Aux journalistes qui lui demandent s’il perçoit un problème éthique à recevoir des sommes colossales en paiement pour l’usage de sa propriété, Trump répond qu’il n’y voit aucun problème, et il ajoute que, selon lui, son mandat de président lui a coûté de 3 à 5 milliards de dollars. Des preuves? Aucune, évidemment. Que répond-il à ceux qui lui rappellent que la Constitution empêche formellement le président de recevoir des paiements de gouvernements étrangers (paiements que ses hôtes seraient forcés de faire pour participer au sommet dans son club)? Il n’en a cure.    

1. La Russie exclue du G8? C’est la faute d’Obama!  

Lors de cette même conférence de presse. Donald Trump a aussi souligné qu’il souhaitait un rétablissement du membership de la Russie dans ce qui était le G8 quand les puissances occidentales croyaient que la Russie avait une chance de joindre le club restreint des grandes démocraties à économies avancées. Un tel rétablissement sans condition serait bien sûr un immense cadeau à Vladimir Poutine, puisque cette exclusion avait suivi son annexion illégale de la Crimée et qu’il n’a depuis donné aucun signe qu’il avait quelque intention de reculer sur ce front. Dans le discours de Trump, le seul qui soit à blâmer pour cette annexion illégale n’est pas Poutine, mais Barack Obama. Littéralement, selon Trump, «la Crimée a été enlevée des mains d’Obama» parce que Poutine a été plus malin que lui.    

* * *  

On me dira que je n’en ai que pour Trump, alors je conclurai ce billet en mentionnant deux scandales d'une ampleur incommensurablement plus grande, qui mettent en cause Barack Obama et Justin Trudeau.   

Bonus 1. Le scandale du «tan suit»  

Il y a cinq ans à quelques jours près, Barack Obama faisait une conférence de presse à la Maison Blanche vêtu d’un complet en tissu clair. C’était un scandale qui a fait les manchettes des médias conservateurs pendant des jours, sinon des semaines.    

Bonus 2. Les chaussettes de Justin  

Oui, c'est mon opinion et je l'assume entièrement: les chaussettes de Justin Trudeau sont ridicules. (source)