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Amazonie: Bolsonaro s’en prend à l’Europe et se rapproche des États-Unis

Amazonie: Bolsonaro s’en prend à l’Europe et se rapproche des États-Unis
AFP

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Le président Jair Bolsonaro a estimé vendredi que l’Europe n’avait « pas de leçon à donner » au Brésil sur l’Amazonie, tandis que son ministre des Affaires étrangères se réjouissait que son pays et les États-Unis soient « sur la même longueur d’onde » après une entrevue avec Donald Trump. 

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Le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et Eduardo Bolsonaro, le fils député du président et possible futur ambassadeur à Washington, se sont rendus vendredi à la Maison-Blanche, à la recherche de soutien alors que le Brésil est depuis une semaine sous une intense pression internationale. 

Les deux hommes se sont entretenus une trentaine de minutes avec le président américain.

« Les gouvernements sont sur la même longueur d’onde », a assuré ensuite à la presse M. Araujo, se félicitant que « pour la première fois » le président américain reçoive des officiels n’ayant pas le rang de président ou de chef d’État. 

Selon le ministre brésilien, « les gouvernements partagent le point de vue que les pays sont souverains sur leur territoire » et que les feux dans la plus vaste forêt tropicale du monde ne doivent pas être « un prétexte pour promouvoir l’idée d’un comité international pour gérer l’Amazonie ».

Le président américain avait félicité mardi Jair Bolsonaro, estimant qu’ « il travaillait très dur » dans la lutte contre les incendies en Amazonie, prenant totalement le contrepied des autres membres du G7. Il avait exprimé le « soutien sans réserve » des États-Unis au Brésil.

Nouveaux feux

Sur le terrain, les feux continuaient de progresser, malgré une interdiction temporaire des brûlis et la mobilisation depuis le week-end dernier de 18 avions et 3900 hommes en Amazonie.

Quelque 2300 nouveaux départs de feu ont ainsi été enregistrés au Brésil par l’Institut national de recherche spatiale (INPE), dont près de 1500 dans les neuf États d’Amazonie.

Le total des incendies enregistrés dans le pays depuis janvier est de plus de 87 000, au plus haut depuis l’année 2010, où plus de 132 000 avaient été relevés sur la même période.    

Le Para est l’État le plus affecté avec 587 nouveaux feux en 24 heures (+67%). Dans le Rondônia, où l’armée a concentré ses efforts, 67 nouveaux foyers ont été relevés, trois fois plus que la veille.

Il « n’est pas vrai » que la forêt amazonienne soit « en feu », avait affirmé jeudi soir M. Bolsonaro sur Facebook, tout en assurant que « les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années ». 

Le président d’extrême droite a accusé la presse brésilienne de « nourrir » l’inquiétude internationale à ce sujet.

« Retour à la normalité »

Vendredi, il s’en est pris à l’Europe. Il a estimé qu’elle « n’avait pas de leçon à donner » au Brésil sur l’environnement.

M. Bolsonaro a annoncé à des journalistes à Brasilia qu’il devait s’entretenir au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il a ajouté avoir perçu chez elle un désir « de retour à la normalité », après des échanges tendus lorsque l’Allemagne a suspendu début août une partie de ses subventions à la préservation de l’Amazonie.

Jair Bolsonaro avait conseillé à la chancelière de « reboiser l’Allemagne ».

Il a répondu au journaliste qui l’interrogeait sur ses derniers propos: « Elle (Mme Merkel) ne veut pas avoir une relation amoureuse avec moi, et toi tu veux compliquer les choses. Ce n’est pas seulement l’Allemagne, mais toute l’Europe qui n’a pas de leçon à nous donner sur l’environnement ».

Le président brésilien a ajouté être « prêt à parler avec un pays ou un autre, sauf (avec) notre cher Macron, tant qu’il ne se rétractera pas sur la souveraineté (du Brésil) sur l’Amazonie ». 

Jair Bolsonaro demande depuis trois jours que le président français Emmanuel Macron, qui avait estimé que la question de la souveraineté sur l’Amazonie était ouverte, retire ses « insultes ». Le Brésil abrite 60% de la forêt amazonienne.

Vendredi soir, Jair Bolsonaro a affirmé qu’il allait cesser d’utiliser les stylos Bic, une marque « française », pour signer les documents officiels.

Il n’a pas accepté une aide de 20 millions de dollars du G7 pour l’Amazonie, exigeant comme préalable à toute discussion une rétractation de M. Macron. 

À Ariquemes, une ville moyenne à 200 km au sud de Porto Velho, dans l’État de Rondônia, des journalistes de l’AFP ont pu constater l’avancée de l’agriculture et de l’élevage sur la forêt.

De grandes propriétés terriennes parfaitement délimitées comprennent des champs très étendus qui servent de pâturage à des vaches blanches de race Nelore. Sur la route qui arrive à Ariquemes, on trouve de nombreuses boutiques de tracteurs et autres matériels agricoles ainsi que des annonces de vente de bétail ou de services vétérinaires.