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Défilé de la «fierté hétérosexuelle» sous tension à Boston

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Des sympathisants pro-Trump qui défilent pour « défendre l’hétérosexualité » face à des contre-manifestants les traitant d’homophobes et d’extrémistes: Boston se prépare samedi à une journée tendue, sous étroite surveillance policière. 

Depuis plusieurs semaines, la « Straight Pride Parade », par opposition aux Gay Pride devenues une institution dans de nombreuses métropoles américaines, suscite la controverse. 

Son président, John Hugo, 56 ans, candidat malheureux à un siège au Congrès en 2018 et sympathisant déclaré de Donald Trump, assure que le défilé, qui doit démarrer à midi (heure de Boston) dans le centre de Boston n’a rien d’homophobe ni d’extrémiste. 

« Il n’y a aucun raciste dans notre groupe », a-t-il indiqué à l’AFP. « Vous devriez venir à nos réunions, c’est comme les Nations unies ». 

Sur son site internet, son organisation, intitulée « Super Happy Fun America », affirme vouloir « célébrer la diversité et la culture de la communauté hétéro », qui constituerait une « majorité opprimée » dans un Etat du Massachusetts acquis aux démocrates, premier Etat américain à légaliser le mariage homosexuel en 2004. 

Mais certains des intervenants annoncés sont des figures de l’«alt-right » (l’extrême droite) américaine, comme Milo Yannopoulos, invité d’honneur du défilé et ex-contributeur du site d’informations Breitbart News, ou Enrique Tarrio, membre de l’organisation exclusivement masculine des « Proud Boys », groupe new-yorkais considéré comme « haineux » par le Southern Poverty Law Center, qui suit les groupes extrémistes américains. 

« On se défendra » 

Dans ce contexte, plusieurs organisations anti-Trump et défenseurs de la communauté gay ont appelé à contre-manifester samedi et à bloquer la marche hétérosexuelle, au parcours d’environ deux kilomètres, autorisé par la mairie. 

Au moins deux contre-manifestations sont prévues, la première dès 09h00 devant la mairie, à l’initiative notamment de la militante locale Monica Cannon-Grant. 

Le 20 août 2017, cette dernière avait organisé à Boston une contre-manifestation pour dénoncer le racisme et l’extrême-droite après les violentes émeutes de Charlottesville, face à un rassemblement qui affirmait vouloir défendre « la liberté d’expression » mais était soupçonné de défendre les extrémistes.  

Les contre-manifestants, au nombre de plus de 40 000, avaient alors été de très loin les plus nombreux.   

La journée avait donné lieu à quelques accrochages et une trentaine d’interpellations, mais aucun blessé sérieux.  

Selon la page Facebook de l’évènement « Fight Supremacy, Hands off our pride », quelque 1200 personnes se disaient prêtes à contre-manifester samedi.  

Le message de la « Straight Pride est “dangereux”, a déclaré cette semaine Mme Cannon-Grant à une radio de Boston. “Nous avons l’obligation de nous battre”, a-t-elle ajouté. 

Une autre “Straight Pride” organisée samedi dernier dans la ville de Modesto, en Californie, avait réuni quelques dizaines de manifestants et environ 250 contre-manifestants, selon le journal local The Modesto Bee

John Hugo assure vouloir éviter toute violence samedi.  

«La violence ne commencera pas chez nous, mais on se défendra s’il le faut», a-t-il déclaré. 

La police de Boston a décliné tout commentaire, mais elle a prévu de boucler le centre-ville, et demandé aux manifestants d’éviter tout sac à dos et objet qui pourrait être utilisé comme une arme.