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Ebola: portrait d’un virus tueur

Ebola: portrait d’un virus tueur
AFP

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Paris | Ebola, dont l’épidémie en cours a tué plus de 2000 personnes en République démocratique du Congo selon un nouveau bilan vendredi, est un virus redoutable pour l’homme, responsable au total d’environ 15 000 morts depuis 1976.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est attendu samedi en RDC pour encourager la lutte contre Ebola. 

D’où vient le virus?

Le virus Ebola est identifié pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo (RDC, à l’époque Zaïre). Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) doit son nom à une rivière du nord du pays, près de laquelle la première épidémie a éclaté. 

Cinq «sous-types» distincts de virus Ebola ont depuis été répertoriés: Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston et forêt de Taï. Les trois premiers sont à l’origine d’importantes épidémies sur le continent africain. 

Comment se transmet-il?

Le virus circule parmi les chauves-souris mangeuses de fruits, considérées comme l’hôte naturel d’Ebola, mais elles ne développent pas la maladie. 

D’autres mammifères comme les grands singes, les antilopes ou les porcs-épics peuvent le véhiculer puis le transmettre à l’homme. 

Lors d’une épidémie, Ebola se transmet entre humains par contacts directs et étroits. Une personne saine est contaminée par les «fluides corporels» d’une personne malade: sang, vomissures, matières fécales... 

Contrairement à la grippe, ce virus ne peut pas se transmettre par voie aérienne. Aussi Ebola est-il moins contagieux que de nombreuses autres maladies virales. 

Mais ce virus est redoutable en raison de son «taux de létalité» très élevé: il tue en moyenne environ la moitié des personnes qu’il atteint, selon l’OMS. 

 

Ebola: portrait d’un virus tueur
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Quels symptômes?

Après une période d’incubation de 2 à 21 jours (en moyenne autour de cinq jours), Ebola se manifeste par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge et, dans certains cas, des hémorragies. 

Des séquelles ont été fréquemment observées chez les survivants: arthrite, problèmes de vue, inflammation de l’œil et troubles de l’audition. 

Quels traitements?

Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement commercialisé pour faire face à Ebola, mais plusieurs pistes sont à l’essai. 

Un premier vaccin expérimental a été mis au point à la suite de la terrible épidémie d’Ebola qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts. 

Un essai de grande ampleur conduit par l’OMS en Guinée en 2015 a montré qu’il était très protecteur, mais seulement contre l’une des souches de virus.  

Ce même vaccin est actuellement utilisé dans une campagne de vaccination ciblée en RDC où une épidémie sévit depuis la mi-2018. 

Un test d’un second vaccin expérimental a débuté récemment en Ouganda.  

La pire épidémie entre 2013 et 2016

Partie du sud de la Guinée en décembre 2013, l’épidémie la plus violente de l’histoire avait fait jusqu’en janvier 2016 plus de 11 300 morts pour environ 29 000 cas recensés, selon l’OMS. Les victimes étaient concentrées à plus de 99% au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. 

L’actuelle épidémie en RDC a démarré le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de s’étendre en Ituri et au Sud-Kivu (est du pays).  

Le dernier bilan en RDC pour cette épidémie fait état de 2006 morts et près de 2900 cas confirmés depuis août 2018, selon les chiffres publiés vendredi par les autorités.  

C’est la dixième épidémie qui touche le sol congolais et la deuxième plus grave en Afrique après celle de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest.