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Démission de Sébastien Proulx: «J’ai décidé de me choisir, de choisir ma famille»

Le libéral Sébastien Proulx annonce son retrait de la vie politique

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Sébastien Proulx quitte la politique. Un coup dur pour le Parti libéral du Québec, qui perd son seul député à l’est de Montréal. 

Pilier de l’équipe libérale, l’ex-ministre a démissionné vendredi de son poste de député de Jean-Talon, moins d’un an après les élections.  

« Il est pour moi le temps de passer à autre chose, a-t-il déclaré en conférence de presse à l’Assemblée nationale, flanqué de son chef intérimaire Pierre Arcand. J’ai donné beaucoup, beaucoup pour les autres [...] j’ai décidé de me choisir aujourd’hui et de choisir ma famille. »  

Sébastien Proulx, lors de son annonce de vendredi, à l’Assemblée nationale. On le voit avec le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand.
Photo Rémi Nadeau
Sébastien Proulx, lors de son annonce de vendredi, à l’Assemblée nationale. On le voit avec le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand.

Au printemps, Sébastien Proulx avait écarté l’idée de se porter candidat au leadership de son parti. Le seul député libéral de la région de Québec avait également laissé planer le doute sur son avenir politique. Il ne s’était pas engagé à finir son mandat comme député. 

Avocat de formation, il a finalement déniché un emploi comme directeur des affaires institutionnelles chez Desjardins.  

Son départ provoquera rapidement une élection partielle dans une circonscription considérée comme un château fort libéral, qui a toutefois vacillé à la dernière élection. La caquiste Joëlle Boutin avait chauffé Sébastien Proulx, qui l’avait emporté par seulement 1300 voix d’avance.  

Il ne tire pas un trait 

L’élu libéral, qui avait fait le saut en politique en 2007 sous la bannière adéquiste, ne tourne pas le dos à la politique.  

« Je suis comme tous les autres qui y ont goûté, on ne sait jamais ce qui peut se passer, a-t-il convenu. Je ne vais pas préparer une autre élection, mais j’ai 44 ans, on ne sait jamais de quoi demain est fait. »  

Photo Rémi Nadeau

Et la mairie de Québec ? « J’ai un handicap, je n’habite pas Québec », a-t-il répété, comme il l’a fait à de nombreuses reprises dans les derniers mois lorsque son nom circulait pour succéder à Régis Labeaume. Le député démissionnaire a minimisé l’impact de son départ sur sa formation politique, reléguée dans les banquettes de l’opposition depuis l’an dernier.  

« Le PLQ va survivre » 

« Le Parti libéral va survivre au départ de Sébastien Proulx, comme il a survécu à l’ensemble des départs dans le passé », a-t-il insisté.  

Mais la mine basse du staff politique venu lui dire au revoir dans le foyer du Parlement ne donnait pas cette impression.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

« Ça fait mal au parti », a confié un de ses collègues députés à notre Bureau parlementaire quelques minutes après l’annonce.  

En coulisses, certains avaient du mal à cacher leur colère. Plusieurs ont parlé d’un geste qui risque fort d’encourager une fois de plus le « cynisme » de la population à l’égard de la classe politique.  

D’autres s’y attendaient puisque le député Proulx démontrait assez ouvertement son désintérêt dans les dernières semaines.  

 

De nombreux rôles dans la politique québécoise  

  • Avocat de formationÉlu député de Trois-Rivières sous la bannière adéquiste aux élections de 2007 
  • Défait aux élections de 2008 
  • Retourne à la pratique du droit en 2009, en plus de se plier au jeu de commentateur à la radio et de chroniqueur invité au Journal de Montréal jusqu’en 2014 
  • Devient conseiller spécial auprès du premier ministre Philippe Couillard en 2014 
  • Après la démission d’Yves Bolduc, il est élu député libéral de Jean-Talon aux élections partielles de 2015 
  • Ministre de la Famille en 2016 
  • Ministre de l’Éducation de 2016 à 2018 
  • Ministre responsable de la Capitale nationale de 2017 à 2018 
  • Depuis sa réélection en octobre 2018, il assume le rôle stratégique de leader parlementaire de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale