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Toujours pas de plan pour l’ancien restaurant du magasin Eaton

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Malgré les 200 millions de dollars qu’il vient d’investir dans la revitalisation du Centre Eaton, Ivanhoé Cambridge ne sait toujours que faire du légendaire restaurant situé au 9e étage de l’édifice, qui accumule la poussière depuis maintenant vingt ans.

Depuis la faillite des magasins Eaton en 1999, le restaurant L’Île-de-France sommeille au 9e étage de ce qui s’appelait jusqu’à récemment le Complexe Les Ailes, coin Sainte-Catherine/Robert-Bourassa. Alors que le chantier de rénovation du centre commercial fourmille d’activités quelques étages plus bas, toutes les tentatives visant à redonner vie à l’espace de 25 000 pieds carrés se sont soldées par des échecs.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, se défend Claude Sirois, président du secteur Centres commerciaux chez Ivanhoé Cambridge, rencontré sur le site de construction du Time Out Market, qui ouvrira ses portes à l’automne au 2e étage de l’édifice.

Qualifié de « site prioritaire » par Héritage Montréal, le 9e étage de l’ancien grand magasin Eaton et sa salle à manger « constituent un exemple important et remarquablement intact de l’architecture intérieure Art déco par leur aménagement et leur décor évocateurs des grands paquebots, leurs œuvres d’art et leur mobilier », explique l’organisme. Construit en 1931, il fait l’objet d’une protection patrimoniale depuis 2000. Mis à part certains travaux d’urgence visant à préserver son intégrité, les quelques chanceux qui ont eu la chance de visiter l’espace ont pu constater qu’il n’a pratiquement pas changé depuis la fermeture d’Eaton.

Fréquemment accusé d’avoir « abandonné » le 9e, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement a au contraire multiplié les discussions avec divers groupes au cours des dernières années, soutient M. Sirois.

« On a eu des discussions, on a fait des appels à différents acteurs du milieu montréalais et d’autres groupes pour explorer différentes expériences potentielles. Mais les défis à surmonter son nombreux », dit-il. Des investissements d’au moins 15 millions seraient notamment nécessaires pour rouvrir la salle, ne serait-ce que pour remettre en état les éléments patrimoniaux protégés et les infrastructures comme la plomberie et l’électricité.

« Ce qu’il nous manque, c’est (...) un bon modèle d’affaires robuste, le bon partenaire », dit M. Sirois, évoquant la possibilité d’en faire une salle multifonctionnelle qui pourrait servir à des réceptions ou spectacles, par exemple.

À Toronto, l’ancien restaurant du Eaton est devenu en 2003 la salle multifonctionnelle The Carlu, du nom de l’architecte français Jacques Carlu, qui a également conçu le restaurant de Montréal. Un modèle qui pourrait être reproduit à Montréal, avec un peu de volonté. Dans la Ville-Reine, le propriétaire du bâtiment n’avait pas attendu d’avoir trouvé un locataire potentiel avant de se lancer dans les travaux.