/finance/business
Navigation

C’est fini l’Amazonie pour une entreprise de la Beauce

boa-franc
Photo courtoisie Pierre Thabet, de Boa-Franc, a coupé ses liens avec un fournisseur au Brésil après avoir appris qu’il était connu « pour avoir violé à maintes reprises la législation environnementale brésilienne ». 

Coup d'oeil sur cet article

Une entreprise de la Beauce a décidé de couper ses liens d’affaires avec un fournisseur du Brésil après avoir appris qu’il était accusé de violer à répétition les réglementations locales sur la déforestation.

« On a été surpris. L’environnement, c’est super important pour nous. [...] On ne pouvait pas prendre le risque de se faire entacher en collaborant avec cette compagnie », a expliqué Pierre Thabet, président et fondateur de Boa-Franc, à Saint-Georges, en Beauce.

257 tonnes de bois

L’entreprise québécoise s’est retrouvée bien malgré elle sous les projecteurs en avril lorsque l’organisation Amazon Watch l’a nommée dans son rapport-choc sur la destruction du « poumon de la Terre ».

On lui reprochait d’avoir importé 257 tonnes de bois provenant de la compagnie Tradelink Madeiras, basée au Brésil.

Selon le document, la compagnie est « reconnue pour avoir violé à maintes reprises la législation environnementale brésilienne », en plus d’avoir été « dénoncée pour utiliser le travail forcé ».

On ajoute qu’elle a aussi été condamnée en 2017 à payer de nombreuses amendes pour des irrégularités.

Décision rapide

Mise au fait de ces allégations, Boa-Franc n’a pas pris de temps pour réagir et a décidé d’arrêter l’achat de bois provenant de l’Amérique du Sud, pour la protection de l’environnement et des communautés.

« La décision a été facile, affirme M. Thabet, soulignant que le bois importé représentait au final moins de 1 % de leurs ventes. On a été conséquent avec ce qu’on veut représenter pour l’environnement. On a plusieurs certifications qui viennent prouver nos bonnes pratiques. »

Selon lui, même si les allégations contre Tradelink n’ont pas été prouvées et que la compagnie a tout démenti, il était important de cesser le lien d’affaires.

« Ils sont peut-être coupables, peut-être pas, souligne le fondateur de l’entreprise québécoise qui emploie près de 500 personnes. Mais pour nous, l’important, c’est que quand tu découvres un problème, tu t’en occupes. Et celui-là, on s’en est occupé assez rapidement. On n’a pas joué à l’autruche. »

À qui le tour ?

Amazon Watch a salué le geste de Boa-Franc, affirmant que plusieurs autres compagnies que l’ONG a contactées auraient préféré ignorer le tout.

« C’est la seule entreprise qui a reconnu le problème et qui a coupé les liens d’affaires, sachant ce qui se passe là-bas », a félicité Christian Poirier, d’Amazon Watch, encourageant d’autres patrons à lui emboiter le pas.

« C’est une réaction saine et responsable, a réagi de son côté l’économiste François Delorme, spécialisé en économie de l’environnement. C’est un exemple à suivre. »

Boa-Franc a toutefois préféré minimiser son geste, estimant que « toute compagnie responsable aurait agi ou devrait agir de la même façon. »

« Je ne veux pas dire aux autres quoi faire, simplement agir en fonction de leurs valeurs », conclut M. Thabet.