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La tombe du chanteur DJ Arafat ouverte par des fans après ses funérailles

La tombe du chanteur DJ Arafat ouverte par des fans après ses funérailles
AFP

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Des incidents ont troublé, samedi, à Abidjan, l’hommage rendu par des dizaines de milliers d’admirateurs au chanteur ivoirien DJ Arafat, l’un des artistes les plus populaires d’Afrique de l’Ouest, mort dans un accident de moto à 33 ans.

Alors que la cérémonie d’hommage exceptionnelle, à la fois empreinte de joie et d’émotion, s’était déroulée sans problème toute la nuit dans le plus grand stade du pays, des fans ont gâché la fête au matin en ouvrant la tombe et le cercueil du chanteur peu après son inhumation. 

Sur des photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on pouvait voir une foule de jeunes, agités et vociférants, qui prenaient en photo sa dépouille. 

«Nous avons voulu voir le corps de notre idole avant la fermeture du tombeau», a expliqué un admirateur à un journaliste de l’AFP. 

«C’est Yoro, c’est lui!», a crié un autre admirateur, en référence au surnom «Yorobo» de DJ Arafat. 

Les policiers qui surveillaient la tombe ont été débordés par la foule de ceux qui n’avaient pu suivre la cérémonie au stade, a expliqué une source policière. 

La police est intervenue pour disperser la foule, faisant usage de gaz lacrymogène, et a repris le contrôle des lieux. Plusieurs personnes ont été blessées, selon des témoins. 

Auparavant, des échauffourées avaient éclaté, aux abords du cimetière, entre la police et des fans mécontents d’être tenus à l’écart de l’enterrement, qui s’est déroulé dans l’intimité. 

Vers midi, des troubles étaient toujours en cours à Adjamé, selon une source sécuritaire et un journaliste de l’AFP qui a vu des barricades et des pneus enflammés dans une artère menant au cimetière. 

Lors de la nuit d’hommage musical au roi du «coupé-décalé», de nombreuses vedettes africaines ont chanté sur scène pour saluer sa mémoire: Davido, Sidiki Diabaté, Fally Ipupa, Serge Beynaud... 

Vendredi soir, le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, avait décoré à titre posthume de l’ordre national du mérite culturel DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Houon, «pour son immense contribution au rayonnement artistique» de la Côte-d’Ivoire. La cérémonie, digne de funérailles nationales, a été payée par l’État ivoirien. 

«Daishinkan», pour ses fans (en référence à un superhéros de BD), est mort le 12 août des suites d’un accident de moto à Abidjan. Sa musique au rythme endiablé, à la fois genre et attitude, est née en 2003 dans les boîtes de nuit ivoiriennes puis s’est popularisée dans toute l’Afrique. 

Après une nuit de musique et de danse, la dépouille du chanteur est arrivée au stade Félix Houphouët-Boigny au lever du jour, pour un dernier adieu, saluée par les applaudissements de la foule. 

Une grande émotion s’est emparée de l’assistance, de nombreux jeunes tombant en pleurs, alors que le cercueil était déposé sur un piédestal au centre de la pelouse. 

«On a perdu un grand homme»

«La cérémonie était super émouvante. On a perdu un grand homme», a confié Raymonde Nguessan. «Arafat était ma vie, ma source d’inspiration», a déclaré Samuel Kablan, les larmes aux yeux. 

Quelque 6500 hommes des forces de l’ordre avaient été déployés pour assurer la sécurité de la cérémonie, retransmise en direct par la radiotélévision publique et sur des écrans géants. 

Né d’un père ingénieur du son réputé et d’une mère chanteuse, DJ Arafat s’est formé à la musique sur le tas. DJ dans les maquis (bars) de la rue Princesse à Yopougon, le grand lieu de la fête à Abidjan, il avait percé avec Jonathan en 2003, avant d’enchaîner les tubes pendant 15 ans: Kpangor (2005), Djessimidjeka (2012), Maplorly (2015), Dosabado (2018).