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Premier grand sondage: l’avortement rattrape Andrew Scheer et les conservateurs

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La question de l’avortement n’a pas fini de hanter le chef conservateur Andrew Scheer, dont les troupes sont en net recul au Québec, à quelques jours du déclenchement de la campagne fédérale.  

Selon un sondage réalisé par la firme Léger pour le compte du Journal, le Parti libéral mène la course au Québec avec 34% des intentions de vote chez les électeurs décidés. 

Les conservateurs, eux, continuent de perdre des plumes. Avec un score de 33%, ils sont bien loin du score de 40% du printemps dernier à l'échelle du pays, alors qu’ils profitaient des effets de la mauvaise gestion du scandale SNC-Lavalin par le Parti libéral. 

Si à l’échelle nationale, libéraux et conservateurs sont au coude-à-coude, le parti de Justin Trudeau mène toutefois dans les deux provinces qui ont le plus de poids en termes de votes. 

«Le gouvernement va se décider en Ontario, mais la majorité va se décider au Québec», avance le président de Léger, Jean-Marc Léger. 

 

 

Une campagne efficace

Ce coup de sonde a été réalisé un peu plus tôt cette semaine, alors que le chef conservateur Andrew Scheer était en pleine tourmente vis-à-vis la question de l’avortement. 

La campagne négative menée par les libéraux, qui ont critiqué à répétition le flou entourant la position de Scheer à ce sujet au cours des derniers jours, semble avoir trouvé écho auprès des électeurs du Québec. Depuis la mi-août, le Parti conservateur a perdu 4% des intentions de vote. 

«C’est l’effet du débat sur l’avortement. Les conservateurs ne sont pas en difficulté dans le reste du Canada, estime Jean-Marc Léger. Partout, ils maintiennent leurs votes. C’est au Québec qu’ils ont fait une bourde. C’est le seul endroit où ils perdent. Ils sont à 18% chez les femmes au Québec. La clientèle féminine francophone n’accepte pas ce discours de Scheer». 

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Selon lui, les libéraux ne peuvent pas pavoiser pour autant. Leur léger avantage serait attribuable en grande partie à l’exaspération de l’électorat envers la classe politique en général, plus qu’à leur popularité. 

Dans les faits, plus de la moitié des Canadiens (57 %) se disent insatisfaits du gouvernement actuel tandis que 46 % portent un regard «plutôt négatif» sur le bilan des années de Justin Trudeau. 

Trudeau par dépit

«Sur le fond, les gens sont en colère contre tous les partis politiques, analyse M. Léger. C’est un vote par élimination auquel on assiste présentement. Vous avez d’un côté les gens qui disent que le bilan libéral est négatif et que les libéraux ne méritent pas un deuxième mandat. Mais en même temps, il n’y a pas de solution de rechange. La population croit aussi que les conservateurs ne sont pas prêts à gouverner (47% au Québec). C’est un électorat orphelin qui cherche “le moins pire”», poursuit-il. 

C’est dans ce contexte d’indécision et de méfiance à l’égard de la classe politique que l’on devrait voir se dérouler une campagne électorale plutôt agressive. Déjà, les troupes de Justin occupent beaucoup le terrain, fait remarquer M. Léger. 

«La campagne libérale fonctionne bien. Jusqu’à maintenant, elle a marqué deux points : un point en Ontario, en associant Scheer au premier ministre de l’Ontario Doug Ford, et un point au Québec en traitant du dossier de l’avortement. Ces deux arguments fonctionnent très bien. Scheer n’est pas connu et les libéraux sont en train de le définir.»   

Une lutte à finir 

Si des élections fédérales avaient lieu aujourd’hui, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter?

  

Les Intentions de vote par province 

  

Une lutte très serrée à prévoir au Québec 

Les Québécois devraient avoir droit à une campagne électorale enlevante, alors que la course s’annonce extrêmement serrée entre libéraux, conservateurs et bloquistes dans certaines régions. 

Si plusieurs prédisaient la mort du Bloc québécois après l’élection de 2015, force est de constater que le parti est encore bien vivant. 

En région

À trois points de la deuxième position des troupes conservatrices, le parti du nouveau chef Yves-François Blanchet pourrait brouiller les cartes dans certaines régions. Si l’île de Montréal est acquise aux libéraux et que les conservateurs semblent bien positionnés dans la région de Québec, rien n’est encore joué à l’extérieur des grands centres. 

«Dans les circonscriptions francophones, ce sera une lutte à trois. Actuellement, le Bloc québécois est deuxième derrière le Parti libéral chez les francophones. Le parti est en meilleure santé que les gens ne le pensent», analyse le président de Léger, Jean-Marc Léger. 

Dans un tel contexte, pas facile pour les partis qui traînent de l’arrière, comme le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique, de se démarquer. Du côté du NPD, la vague orange de 2011 n’est définitivement plus qu’un vague souvenir. 

Des miettes aux autres

Au Québec, le parti ne cumule que 7% des intentions de vote, derrière le Parti vert d’Elizabeth May à 11%. Selon M. Léger, le NPD est carrément menacé d’«extinction», si la tendance demeure inchangée d’ici le jour du scrutin. 

Or, l’indécision est particulièrement palpable au Québec, dont le poids électoral peut parfois faire pencher la balance entre un gouvernement minoritaire ou majoritaire lors de résultats électoraux serrés. 

«L’élection va être enlevante. Nous avons fait un sondage il y a deux semaines qui indiquait qu’il y a seulement 35% des électeurs dont le choix est définitif à ce moment-ci. Les deux tiers affirment qu’ils peuvent encore changer d’idée. C’est du jamais-vu. Habituellement, c’est l’inverse», indique M. Léger. 

  

Le Québec en détail 

Montréal peinte en rouge

La grande région de Montréal semble acquise aux libéraux avec 39% des intentions de vote. Les bloquistes les suivent de loin avec 20%, puis les conservateurs avec un score de 18%. 

Québec en bleu

Les conservateurs sont en avance dans la région de Québec. Les troupes de Scheer y récoltent 35% des intentions de vote. Les libéraux suivent avec 28%, puis les bloquistes à 15%. 

Les francophones sont plus verts que les anglophones

Le Parti vert, en pleine remontée au pays, trouve de futurs électeurs davantage chez les francophones que chez les anglophones du Québec. Alors que 13% des francophones sondés prévoyaient cocher la case des verts, seulement 7% des anglophones avaient pour l’instant décidé d’en faire autant. 

Les non-francos sont encore une fois acquis aux libéraux

Sans surprise, 54% des anglophones sondés songeaient à voter pour le Parti libéral

  

Encore le plus populaire malgré tout 

Même si les Canadiens portent un jugement négatif sur le bilan de Justin Trudeau, ce dernier continue d’être le chef de parti le mieux perçu pour être premier ministre après le scrutin du 21 octobre. Au Québec, les électeurs voient le Bloc québécois comme le meilleur parti pour défendre les intérêts de la province. Le PLC arrive en deuxième place, avec 10% d’écart. 

Lequel des chefs de parti ferait le meilleur premier ministre du Canada?

Photo AFP

► Justin Trudeau : 26% (+3%*)

Photo Simon Clark

► Andrew Scheer : 19% (-5%*)

Photo Chantal Poirier

► Elizabeth May : 8% (-1%*)

Photo Guillaume St-Pierre

► Jagmeet Singh : 6% (-1%*)

Photo Stevens LeBlanc

► Maxime Bernier : 4%

 * Différence par rapport au sondage du 25 juillet  

Selon vous, est-ce que les libéraux méritent un deuxième mandat?  

  • OUI : 31% 
  • NON : 48%   

Dressez-vous un bilan positif ou négatif des 4 années du gouvernement Trudeau?  

  • POSITIF : 21% 
  • NÉGATIF : 46%   

Est-ce que le parti conservateur du Canada est prêt à former le gouvernement selon vous?  

  • OUI : 34% 
  • NON : 45%   

Quel parti est le mieux placé pour défendre les intérêts du Québec selon vous?

  

MÉTHODOLOGIE 

Sondage Web, à l’aide de la technologie d’interview Web assistée par ordinateur (CAWI). ♦ Du 27 au 29 août 2019 ♦ 2102 Canadiens, âgés de 18 ou plus et ayant le droit de vote au Canada, recrutés aléatoirement à partir du panel en ligne de LegerWeb. ♦ À l’aide des données du recensement de 2016, les résultats ont été pondérés selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité afin de garantir un échantillon représentatif de la population. ♦ Une marge d’erreur ne peut pas être associée à un échantillon non probabiliste (Panel web dans ce cas-ci). À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 2102 répondants aurait une marge d’erreur de +/- 2,14%, et ce, 19 fois sur 20.