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Le Parti libéral «de l’ouest» du Québec!

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 Le départ de la vie politique de Sébastien Proulx laisse un trou béant au Parti libéral du Québec.  

 

 Dorénavant, ses députés les plus à l’est du Québec sont Nicole Ménard et Gaétan Barrette, dont les circonscriptions se partagent le secteur de Brossard. S’ils s’avancent le nez sur l’autoroute 20 et qu’ils regardent vers l’est, ils ne voient plus un seul collègue libéral à l’horizon ! Il faut le faire !  

 

 Ce départ fait mal, d’abord parce qu’il survient à un moment où les libéraux sont presque assurés de perdre un château fort historique.  

 

 François Legault voudra déclencher le plus rapidement possible la partielle pour profiter d’un niveau d’appuis dopé par la lune de miel dont il jouit depuis l’élection.  

 

 En mars dernier, un sondage Léger donnait 59 % d’intentions de vote à la CAQ dans la région de Québec contre un famélique 11 pour cent pour le PLQ.  

 

 La CAQ pourrait présenter à nouveau la candidature de Joëlle Boutin, jeune femme ayant talonné celui qui était ministre de l’Éducation. Il l’avait coiffée par seulement 1300 votes, malgré sa notoriété. Elle est depuis devenue chef de cabinet du ministre délégué Éric Caire.  

 

 Les caquistes pourraient aussi être tentés d’attirer une plus grosse pointure, en faisant miroiter une place au conseil des ministres.  

 

 Pendant ce temps, les libéraux songent possiblement à Gertrude Bourdon, même si elle s’est brûlée en « magasinant » les partis avant de faire campagne et de s’effondrer au troisième rang dans Jean-Lesage.  

 

 Elle demeure toutefois disponible, puisqu’elle a mordu la poussière aussi dans sa tentative de regagner son lucratif poste de PDG du CHU de Québec. L’étoile filante politique est demeurée dans le giron du PLQ. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

 « C’est vraiment gros »  

 

 « La présence de Sébastien Proulx nous permettait de rester connectés avec le monde de l’est du Québec », m’a confié un de ses collègues, catastrophé, avant d’ajouter « C’est vraiment gros ».  

 

 Son départ est dur à encaisser tout juste avant la rentrée, parce qu’il était un des plus rompus à la joute parlementaire. Il pouvait deviner à l’avance les stratégies gouvernementales.  

 

 Si sa présence était rassurante, à l’inverse, sa démotivation progressive « pouvait tirer les autres par le bas » lors de moins bonnes journées, admettent des proches.  

 

 Durant la dernière session, le chef intérimaire Pierre Arcand a dû rassurer des élus qui se demandaient s’il allait se rendre jusqu’à l’ajournement des travaux.  

 

 Plusieurs ont compris, lorsqu’ils ont constaté son absence au congrès des jeunes libéraux tenu dans sa circonscription le 10 août, que les carottes étaient cuites.  

 

 Ils savaient alors que la bombe allait leur exploser au visage, plus tôt que tard.  

 

 Un choc malgré tout  

 

 Pourtant, la confirmation de son départ a quand même causé un choc.  

 

 Les députés ont été convoqués en caucus téléphonique 15 minutes seulement avant l’annonce publique hier et n’ont pas échangé avec lui.  

 

 Il les a informés de sa décision, point.  

 

 Certains ont confié à ma collègue Geneviève Lajoie qu’ils étaient en colère ; d’autres se montrent compréhensifs.  

 

 Proulx n’a pas complètement joué à l’autruche même s’il a dit laisser le parti dans une bonne situation parce que selon lui, « la reconstruction est amorcée ».  

 

 « Je suis conscient que je prive ma formation politique d’un point géolocalisé dans la région de Québec qui était libéral, je sais ».  

 

 De marbre à ses côtés, le chef intérimaire Pierre Arcand a lâché que « c’est une grosse perte pour le parti ».  

 

 « Mais c’est la vie », a-t-il enchaîné, sur le ton résigné de ceux qui sont victimes de la fatalité.  

 

 L’équipe libérale ne compte plus que 28 députés.  

 

 La dernière fois qu’ils ont été si peu nombreux, c’est après l’élection de 1976, alors qu’ils étaient 26. Mais cette fois, ils sont entièrement concentrés à Montréal, Laval et en Outaouais.