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Les États-Unis et les talibans sur le point de conclure un accord en Afghanistan

Les États-Unis et les talibans sur le point de conclure un accord en Afghanistan
Photo AFP

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Les États-Unis et les talibans afghans sont «sur le point de conclure un accord» pour mettre fin à 18 ans de conflit en Afghanistan, a affirmé dimanche l’émissaire américain Zalmay Khalilzad lors de la clôture du dernier cycle des pourparlers de paix à Doha. «Nous sommes sur le point de conclure un accord qui réduira la violence et ouvrira la voie aux Afghans pour s’asseoir ensemble pour négocier une paix honorable et durable», a tweeté M. Khalilzad.

Celui-ci s’exprimait au terme du huitième et dernier jour de leur 9e cycle de négociations au Qatar entre les représentants des États-Unis et des talibans. 

M. Khalilzad était attendu plus tard dimanche à Kaboul. Le porte-parole des talibans à Doha, Suhail Shaheen, a affirmé de son côté samedi que l’accord était «presque finalisé». 

Peu après les déclarations de M. Khalilzad, les forces de sécurité afghanes ont déclaré avoir chassé les combattants talibans de Kunduz, au lendemain de leur offensive sur cette ville stratégique du nord, fréquemment visée dans le passé. 

La ville de Kunduz a été «complètement nettoyée», a assuré le ministère de l’Intérieur dans un communiqué diffusé dimanche après-midi, précisant que 56 «terroristes» avaient été tués. Le porte-parole de ce ministère, Nasrat Rahimi, a indiqué à l’AFP que l’armée afghane avait bénéficié d’un soutien aérien américain. 

Quelque 20 membres des forces de sécurité afghanes ont également péri, de même que 5 civils, selon des responsables. Les blessés parmi les civils sont au nombre de 85. 

Un kamikaze s’est fait exploser samedi pendant que le porte-parole de la police, Sayed Sarwar Hussaini, parlait à la presse. M. Hussaini, très critique à l’encontre des talibans et très respecté dans sa ville, a été tué, de même qu’une dizaine d’autres personnes. On ignorait dans l’immédiat si des journalistes figuraient parmi les victimes. 

Les talibans s’étaient brièvement emparés de Kunduz en septembre 2015, avant d’en être chassés grâce notamment à un important soutien aérien américain.  

D’autres combats ont éclaté dimanche dans la ville de Pul-e Khumri, capitale de la province voisine de Baghlan. Des responsables ont assuré que la situation était «sous contrôle». 

L’offensive sur Kunduz démontre que les talibans «ne croient pas à l’opportunité de paix portée par les États-Unis et le gouvernement afghan», a accusé sur Twitter Sediq Sediqqi, le porte-parole du président afghan Ashraf Ghani, dont le gouvernement a été tenu à l’écart par Washington dans ses négociations directes avec les insurgés. 

«Afghanistan unifié»

Entre 13 000 et 14 000 soldats américains sont actuellement encore déployés en Afghanistan où les États-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau djihadiste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre, et déloger les talibans alors au pouvoir à Kaboul. Les effectifs du contingent américain ont atteint jusqu’à 98 000 hommes au plus fort des combats, en 2011.  

Désireux de mettre un terme aux «guerres sans fin» et de «ramener les gars à la maison», le président américain Donald Trump avait demandé il y a un an que des pourparlers directs inédits soient entamés avec les talibans. 

M. Trump a annoncé jeudi qu’en cas d’accord, 8600 soldats américains resteraient dans un premier temps en Afghanistan, sans toutefois donner le détail de la «présence» qu’il souhaite maintenir sur le plus long terme. 

Au cœur de l’accord négocié figure un retrait plus ou moins important des Américains, avec un calendrier à la clé, en échange de l’engagement des insurgés que les territoires qu’ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaïda ou d’autres groupes «terroristes». 

Des négociations de paix interafghanes doivent aussi s’ouvrir, à Oslo, dans la foulée d’un éventuel accord et un cessez-le-feu entre talibans et Américains, ou en tout cas une «réduction de la violence», devrait également figurer dans le texte. 

Un tel accord aiderait à créer «un Afghanistan souverain et unifié qui ne menacera pas les États-Unis, ses alliés ou tout autre pays», a ajouté M. Khalilzad dans son tweet dimanche.