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Fédérales 2019: rien n’est joué

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OTTAWA | La campagne électorale fédérale qui s’amorce promet d’être palpitante : les libéraux remontent la pente, les conservateurs sont au neutre, le Bloc reprend de la vigueur, le NPD agonise et les Verts brouillent les cartes. N’éteignez surtout pas votre appareil.

Selon un sondage de la firme Léger publié ce matin, l’avance des conservateurs sur les libéraux à l’échelle nationale a complètement fondu.

Au plus fort de l’affaire SNC-Lavalin, au printemps, les troupes conservatrices détenaient une avance de plus de 10 points sur leurs rivaux. Les deux partis se trouvent aujourd’hui dans une égalité statistique, avec l’avantage aux libéraux. C’est tout un revirement de situation.

Avortement

Le recul des conservateurs à l’échelle nationale s’explique en bonne partie par une régression de 4 % au Québec, en seulement quelques jours. C’est énorme.

Le débat sur l’avortement est revenu hanter les troupes du chef Andrew Scheer cette semaine. Les Québécois – et Québécoises – n’ont visiblement pas apprécié. Les conservateurs n’ont qu’eux-mêmes à blâmer. La position du chef Scheer est si floue que même son lieutenant du Québec ne l’a pas bien assimilée.

Après des jours de silence, M. Scheer a assuré qu’il voterait contre tout projet de loi restreignant le droit à l’avortement. Mais ses députés, eux, pourront tout de même présenter ce genre de projet de loi.

Andrew Scheer a mis du temps à se faire connaître. Ce que les Québécois ont vu de lui récemment ne leur a visiblement pas plu.

Il y a fort à parier que les libéraux ne lâcheront pas le morceau, et rappelleront chaque fois qu’ils le pourront que M. Scheer est personnellement contre le mariage gai et l’avortement.

Bilan

Les conservateurs ont aussi un problème à régler en Ontario, où les libéraux brandissent avec succès les épouvantails Harper et Ford, deux personnalités conservatrices associées à des régimes d’austérité budgétaire.

M. Scheer répète que son gouvernement veut en priorité donner de l’oxygène aux Canadiens en remettant de l’argent dans leurs poches. Un message qui semble pour l’instant brouillé par les coupes de Doug Ford.

Au Québec, le Bloc et les Verts pourraient brouiller les cartes, mais la troupe d’Yves-François Blanchet semble plafonner à 20 %.

La faiblesse relative des oppositions ne change rien au fait que le bilan des libéraux est peu convaincant aux yeux de nombreux électeurs. Sur les dossiers de l’environnement, des relations internationales ou encore de la transparence, force est de constater que Justin Trudeau a placé la barre à une hauteur insurmontable.

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait trébuché.