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Bilan libéral mitigé: les Québécois ont su tirer avantage des libéraux

Les Québécois ont quand même bien profité de leurs largesses

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Photo d'archives Justin Trudeau tentait de se dépêtrer avec la presse le 14 août après le dépôt d’un rapport dévastateur du commissaire à l’éthique.

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OTTAWA | Le gouvernement Trudeau a peiné à livrer la marchandise durant ses quatre ans au pouvoir. Les Québécois ont tout de même su tirer avantage des libéraux.

« C’était probablement irréalisable dès le départ, mais à partir du moment où tu promets des sunny ways, des lendemains qui chantent, et qu’on se retrouve quatre ans plus tard et qu’on se rend compte qu’on gouverne comme on a l’habitude de gouverner [...] ça ne peut que nourrir une certaine forme de déception », illustre François Rocher, professeur de sciences politiques à l’Université d’Ottawa.

Ce qui en ressort est un gouvernement qui a promis la lune, mais qui a eu du mal à tenir parole. Le gouvernement Trudeau n’a pas aidé sa cause en se fixant des objectifs qui peuvent sembler contradictoires. C’est le cas notamment des investissements massifs dans les infrastructures et chez la classe moyenne, avec une nouvelle allocation aux familles.

Ces dépenses se sont faites au coût de déficits à perte de vue, alors que le parti avait promis de trouver l’équilibre budgétaire d’ici 2019.

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Beaucoup pour le Québec

Si les libéraux ont réalisé des avancées, comme dans les dossiers de l’environnement, de la francophonie ou la légalisation du cannabis, leurs stratégies de communication, qualifiées de désastreuses, leur ont nui.

« Les libéraux ont acheté un pipeline pour aider l’Alberta, mais le message est tellement mal passé que ç’a eu l’effet contraire », illustre Mike Medeiros, professeur spécialisé en politique canadienne à l’Université d’Amsterdam.

Plusieurs experts consultés soutiennent que le Québec a été traité aux petits oignons par Trudeau, conscient que sa réélection en octobre passera assurément par une bonne performance de la province.

« On voit que Justin Trudeau s’est vraiment démené pour ne pas avoir de grandes confrontations avec le Québec. C’est certain que les autres provinces, particulièrement dans l’Ouest, l’ont remarqué et y voient du favoritisme », analyse le professeur de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily.

Exemples éloquents

Voici quelques exemples notés par nos spécialistes :

  • Des milliards de dollars pour l’expansion du métro de Montréal et la construction du tramway à Québec ;
  • Une compensation de 1,75 milliard pour les producteurs laitiers canadiens, dont la moitié sont au Québec à l’aube du scrutin ;
  • La réticence du PLC à s’opposer à la loi 21 sur la laïcité, un silence qui lui vaut des critiques dans le reste du Canada ;
  • Des efforts pour sauver des emplois québécois chez Bombardier et SNC-Lavalin.

« Le Québec est très important pour les libéraux. La province fait partie de leur stratégie de réélection, dit Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill. Ils ont vraiment besoin de plus de votes, et ils espèrent récupérer certains des sièges que le NPD pourrait perdre ».

Et tout n’est pas rose pour le parti au Québec, nuancent les experts. Les Québécois ont toujours sur le cœur l’achat d’un pipeline dans l’Ouest canadien, l’inaction perçue du fédéral au plus fort de la vague des migrants au Chemin Roxham et le refus obstiné d’Ottawa de taxer les géants du web.