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Un tram en or!

1930

Un tram en or!
Photo Chantal Poirier

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Un p’tit char en or !

Un tram en or!
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, P167-02-D002-129.

Quel magnifique véhicule que ce tramway observatoire doré et élégamment ornementé ! Vers 1910, les tramways baptisés « p’tits chars » ont la faveur populaire et sont encore récents dans le paysage montréalais. Les voitures, qui étaient auparavant tirées par des chevaux, ont fait place à des véhicules électriques à partir de 1892. Mais ce tramway est un peu spécial. La Montreal Street Railway Company le met en service en 1905. Il sert un objectif bien précis : le tourisme ! Plusieurs voitures font la promenade qui fait le tour de la montagne en empruntant les rues élégantes qui bordent le mont Royal, notamment les avenues Laurier et Maplewood, et les chemins Côte-Sainte-Catherine, Queen-Mary ou Côte-des-Neiges. Cependant, pour voir le sommet, il faut prendre d’autres moyens, par exemple le funiculaire, ou tout simplement, emprunter les sentiers. En service jusqu’en 1959, ces voitures font aussi visiter les attraits des alentours comme l’oratoire Saint-Joseph et les belles demeures de la rue Sherbrooke.

Touristes... dans leur propre ville

Le tourisme connaît un essor remarquable à Montréal depuis la fin du XIXe siècle. Les voies ferroviaires qui passent par les gares montréalaises mènent la bourgeoisie canadienne et américaine vers les beaux hôtels du Canadien Pacifique, du lac Louise à Québec, ou même vers le bas du fleuve, Charlevoix et la Gaspésie. Un arrêt en ville l’été n’est pas une perte de temps : l’offre hôtelière est riche, l’Art Association a son musée rue Sherbrooke, depuis 1912, on navigue sur les rapides de Lachine avec des pilotes autochtones, et plusieurs restaurants et théâtres offrent de quoi se divertir, rue Sainte-Catherine. En tant que métropole du Canada, Montréal propose plusieurs beautés à découvrir pour les visiteurs de passage... et pour les Montréalais ! Dans les années 1940, il suffisait de débourser 25 sous pour le tramway observatoire au départ des rues Peel et Sainte-Catherine, et on pouvait compter sur quelques moments de liberté pour un moment en famille ou pour un rendez-vous galant, par exemple !

L’élégante avenue Laurier

L’une des rues arpentées par les tramways panoramiques était l’avenue Laurier, notamment son secteur ouest, par où l’on pouvait ensuite emprunter le chemin de la Côte-Sainte-Catherine. C’est bien au carrefour des avenues Laurier et de l’Épée que cet élégant édifice à logements est construit, en 1934. Ce n’est plus tout à fait Montréal, cependant. Nous voilà dans Outremont, une municipalité créée en 1875, résultat d’une scission avec Montréal. Les terres que la bourgeoisie rachète aux agriculteurs deviennent des domaines avec belle résidence et jardin bien entretenu. L’avenue Laurier, à l’est de cette municipalité, porte le nom de l’ancien premier ministre du Canada, premier francophone à occuper le poste, Wilfrid Laurier. Mais à l’époque de la fondation d’Outremont, on l’appelle encore chemin Saint-Louis, puisqu’elle borde le village de Côteau-Saint-Louis. Le nouveau nom n’apparaît officiellement sur les cartes qu’à partir de 1907.


► Remerciements à Exporail, musée ferroviaire, ainsi qu’à Éric Chenoix, Mario Robert, Julie Bélanger, Justin Bur et David Ledoyen pour leur aide dans cette recherche.