/news/society
Navigation

Des religieuses canadiennes pressent les politiciens à agir pour le climat

Coup d'oeil sur cet article

À quelques semaines des élections fédérales, les dirigeantes de 64 congrégations de religieuses du Canada ont lancé un appel aux responsables politiques à agir pour le climat.

«À titre de religieuses, prendre soin de toute la création de Dieu est une partie essentielle de notre foi. Les changements radicaux de notre climat, provoqués par la libération des gaz à effet de serre, constituent la plus grande menace pour tous les êtres vivants», peut-on lire dans un communiqué émis dimanche.

Ces congrégations catholiques membres de l’Union internationale des Supérieures Générales (UISG) demandent à «tous les politiciens qui se présentent aux prochaines élections fédérales de prendre acte de l’urgence climatique et de mettre en œuvre une stratégie politique immédiate à plusieurs niveaux».

Elles proposent notamment de supprimer des subventions aux producteurs de combustibles fossiles, de réorienter les investissements et développer l’économie des énergies renouvelables, ou de demander des comptes aux entreprises sur leurs productions de gaz à effet de serre.

«Les mesures prises pour faire face à l’urgence climatique devraient être concrètes, fondées sur la justice et dénuées de toute politique partisane», est-il aussi mentionné dans la déclaration commune.

Les religieuses conscientisées

Dans leur quotidien, les congrégations font déjà beaucoup d’effort pour réduire leur empreinte écologique. Certaines ont cessé d’investir dans l’industrie pétrolière. D’autres ont réduit leur utilisation de plastique à usage unique.

«Il y en a qui ont rénové leur bâtiment avec des énergies propres. Il y en a qui ont changé leur chauffage à l’électricité. Il y en a qui ont planté des arbres. Ce sont des petits gestes, mais comme nos congrégations sont présentes sur les cinq continents, ça fait un mouvement qui englobe des milliers de personnes», a poursuivi Aurore Larkin, sœur supérieure de la congrégation des Sœurs grises de Montréal, qui adhère au mouvement.

La religieuse croit qu’il est tout à fait naturel que les congrégations prennent position de la sorte.

«Les congrégations sont toujours à l’affût des besoins de société non comblés, et, aujourd’hui, on réalise que l’environnement est un besoin qui n’est pas assez pris au sérieux», a déclaré sœur Aurore Larkin lors d’une entrevue à TVA Nouvelles.

«Changer de mode de vie pour sauver la planète»

D’ailleurs, le pape François a appelé dimanche chacun à modifier ses habitudes pour enrayer le changement climatique et à faire pression sur les dirigeants du monde pour agir «avant qu’il ne soit trop tard».

«Nous avons créé une situation d’urgence climatique, qui menace gravement la nature et la vie, y compris la nôtre», a déclaré le souverain pontife dans un message à l’occasion d’une journée mondiale de prière pour la protection de la Création.

«Le moment est venu de regarder la manière dont nos modes de vie et nos choix quotidiens en matière d’alimentation, de consommation, de voyage, d’usage de l’eau, d’énergie et d’autres biens matériels sont souvent dommageables et déraisonnables», a-t-il écrit.

Le pape, 82 ans, partisan de longue date de la protection de l’environnement, a ajouté qu’il s’adresse «à tous les membres de la famille humaine».

Le pape François salue les jeunes militants de la cause climatique, affirmant qu’ils méritent d’obtenir des actes concrets plutôt que «des engagements négligés pour des intérêts partisans et par commodité».

Le pape a ajouté que tous les regards devaient se porter sur le sommet de l’ONU sur le climat prévu le 23 septembre, et a appelé les gouvernements à «accélérer considérablement les mesures» visant à contenir le réchauffement de la planète, conformément à l’Accord de Paris de 2015.

«Puisse Dieu [...] nous donner le courage de faire le bien sans attendre que les autres commencent, sans attendre qu’il ne soit trop tard», a-t-il plaidé.