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Succès monstre pour le Championnats du monde de vélo de montagne

50 000 spectateurs sont venus encourager les vététistes ce week-end au Mont-Sainte-Anne

Une foule compacte et bruyante estimée à 25 000 personnes a pris d’assaut le Mont-Sainte-Anne pour les épreuves finales de descente, dimanche.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger Une foule compacte et bruyante estimée à 25 000 personnes a pris d’assaut le Mont-Sainte-Anne pour les épreuves finales de descente, dimanche.

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BEAUPRÉ | Les organisateurs de ces 30es Championnats du monde de vélo de montagne pouvaient se bomber le torse à l’issue des épreuves finales de dimanche.

Non seulement les vététistes membres de l’élite mondiale ont vanté à maintes reprises les parcours en cross-country (XCO) et en descente, mais une foule record estimée à 50 000 spectateurs a convergé vers le Mont-Sainte-Anne pour les deux jours les plus attendus du Vélirium. Il suffisait de voir les voitures stationnées à des kilomètres à la ronde sur la route menant à la station pour comprendre le phénomène.

Il s’agissait de la troisième présentation à la Côte-de-Beaupré de l’épreuve reine au calendrier de la saison après 1998 et 2010. Les retombées économiques pour la région sont évaluées à plus de 12 millions $.

« C’était notre gros défi de faire comprendre aux gens à quel point cet événement-là cette année était unique et que ce n’était pas la même chose qu’une Coupe du monde. Les gens ont compris le message et ils sont venus en grand nombre.

« C’est incroyable la quantité de gens qu’on a eus. C’est vraiment au-delà de nos espérances. On est au-dessus dans tout. Les ventes sur le terrain, tout est deux fois plus gros », a souligné Chantal Lachance, vice-présidente aux opérations et marketing chez Gestev, qui avait obtenu le mandat d’accueillir ces Mondiaux il y a trois ans.

Atmosphère unique

L’ambiance électrique qui a soufflé sur la montagne a retenu l’attention des coureurs provenant d’une cinquantaine de pays.

« Ce qui est cool ici, c’est que c’est tellement ouvert et droit que tu peux voir une bonne partie de la piste en étant spectateur. Les gens ont apprécié. L’ambiance était folle. C’est le petit plus qui fait que tu ne lâches plus les freins », a lancé le Français Loïc Bruni, qui a remporté un quatrième titre mondial (voir ci-dessous).

Une foule compacte et bruyante estimée à 25 000 personnes a pris d’assaut le Mont-Sainte-Anne pour les épreuves finales de descente, dimanche.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger

« Ils n’arrêtent pas de nous dire combien les spectateurs sont tellement partisans. Ici, les gens encouragent les Mexicains, les Néo-Zélandais, bref, n’importe qui. Quand les Canadiens passent, ça hurle. Les athlètes nous le disent : ils ne voient ça nulle part ailleurs. Ça contribue à faire ce que Mont-Sainte-Anne est », a reconnu Lachance.

Des pancartes à l’effigie des Québécois Hugo Langevin et Samuel Thibault étaient bien visibles près du fil d’arrivée.

« C’était incroyable. Tous mes amis étaient là, et ma famille. De haut en bas, j’entendais “go Sam, go Sam”. C’était plus qu’unique et magique », a renchéri Thibault, de Bromont, qui en était à ses deuxièmes Championnats du monde.

Le volet des maîtres tenu la semaine passée ainsi que l’ensemble des autres courses amateurs ont également généré une forte affluence. « Ce matin [dimanche], on a même refusé des enfants au Veli-Kidz parce qu’on avait stoppé à 400 enfants », a expliqué Lachance.

Reverra-t-on ce rendez-vous dans l’avenir ? Si tel est le cas, ce sera sans Lachance, qui quittera son poste chez Gestev dans quelques semaines.

Une foule compacte et bruyante estimée à 25 000 personnes a pris d’assaut le Mont-Sainte-Anne pour les épreuves finales de descente, dimanche.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger

« L’UCI est en amour viscéral avec l’événement. Ils aiment le site, le comité d’organisation, les parcours, l’infrastructure au complet. On ne peut pas dire non, mais ce ne sera pas dans les quatre prochaines années », a-t-elle précisé.

Il est déjà assuré qu’une tranche de la Coupe du monde sera de retour l’an prochain les 22 et 23 août, trois semaines seulement après l’épreuve olympique de Tokyo.

Protocole suivi

Victime d’une fracture de deux vertèbres à l’entraînement de descente samedi, le Néo-Zélandais Brook MacDonald a dû attendre quatre heures avant d’être transporté à l’hôpital par hélicoptère alors qu’il se trouvait dans un secteur boisé inaccessible en VTT.

Si le temps d’évacuation a été décrié par son équipe, Gestev assure avoir appliqué le protocole de l’UCI en cas de blessures ne mettant pas la vie de l’athlète en danger. L’appel d’un pilote de réserve et des difficultés à l’atterrissage ont toutefois ralenti le processus. Dimanche, le comité organisateur avait revu ses façons de faire pour éviter de revivre pareil scénario.

« Aujourd’hui, on est allé au-delà du protocole [...] On a parlé avec Airmedic et on a retenu les services du pilote pour qu’il reste assis dans l’hélicoptère toute la journée pour éviter le délai. Ça nous permettait de garantir un hélico sur place en 50 minutes. Puis, on a revu nos sites d’atterrissage », a expliqué Chantal Lachance, qui n’avait jamais dû héliporter un athlète en 29 ans de « sport extrême ».

 

LES MÉDAILLÉS

Hommes descente

  1. Loïc Bruni (FRA)
  2. Troy Brosnan (AUS) +0.581
  3. Amaury Pierron (FRA) +2.549

Femmes descente

  1. Myriam Nicole (FRA)
  2. Tahnée Seagrave (GBR) +2.190
  3. Marine Caribou (FRA) +1.694

 

Les Français trop forts

Loïc Bruni et sa compatriote Myriam Nicole ont immortalisé leurs célébrations selon l’air du temps après avoir revêtu le maillot arc-arc-en-ciel remis aux champions du monde.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger
Loïc Bruni et sa compatriote Myriam Nicole ont immortalisé leurs célébrations selon l’air du temps après avoir revêtu le maillot arc-arc-en-ciel remis aux champions du monde.

On les savait dominants, mais les vététistes français ont réinventé la définition du mot, dimanche, en raflant tout sur leur passage à l’épreuve de descente où Loïc Bruni et Myriam Nicole ont été couronnés.

En comptant les podiums de la veille en cross-country (XCO), les représentants de l’Hexagone sont repartis de la montagne de Beaupré avec la moitié des médailles en jeu (6 sur 12) pour les courses des catégories élite. Une vraie razzia !

Parti dernier, Bruni a filé à toute allure, atteignant une pointe de vitesse de 71 km/h devant un public endiablé, pour arracher son troisième titre d’affilée et un quatrième en carrière. Après la victoire de son père la semaine dernière chez les maîtres, les Bruni avaient une nouvelle raison de célébrer.

« Quand je suis parti, je ne savais pas qui était en tête. J’ai juste essayé de recentrer les choses sur moi et ça s’est bien passé. Aujourd’hui, j’ai roulé à un niveau que je n’avais pas roulé depuis un temps », a souligné le médaillé d’or de 25 ans.

De retour au sommet

Pour sa compatriote Nicole, ce premier sacre mondial survenait à peine trois semaines après qu’elle se fut remise en selle, après une longue convalescence causée par une fracture du pied au milieu du mois d’avril. Vêtue de son maillot tricolore, elle a éclaté de joie lorsque sa victoire a été officialisée.

« Je n’y crois pas. Je n’aurais jamais pensé que ça puisse faire cet effet. Je suis sur un nuage. Ç’a été six mois de galère avant de me casser le pied, puis je me suis cassé la main. Le chirurgien me dit de ne pas faire de vélo, je vais courir et je me fais une entorse. Puis, je reviens sur mon vélo et je me casse le pied », a raconté la native de Montpellier.

Elle abordait d’ailleurs le week-end le plus important de la saison sans attentes particulières. Son retour s’était effectué aux Crankworx de Whistler, le 18 août.

« Je pense que ça m’a honnêtement aidée de revenir ici et de ne pas avoir trop de pression. Après une galère, c’est dans le chaos que l’on connaît les bons moments. C’est une belle victoire », a-t-elle assuré.

Satisfaits

Les Québécois Hugo Langevin (25e) et Samuel Thibault (42e) se réjouissaient de leur prestation tandis que Vaea Verbeeck, de Granby, a percé le top 10 pour finir au huitième rang. Le jeune Canadien Finn Iles a terminé septième.

Le Québécois Samuel Thibault a apprécié le soutien des milliers de spectateurs pendant sa descente. Il a fini 42e.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger
Le Québécois Samuel Thibault a apprécié le soutien des milliers de spectateurs pendant sa descente. Il a fini 42e.

« Je savais que ce serait dur de battre mon temps de vendredi en qualifications [10e], mais j’aimerais finir dans le top 30 », disait Langevin après sa descente.

« Je n’ai pas fait de Coupe du monde cette année. Les filles ont pris une coche cette saison alors je suis simplement contente de l’avoir fait », a ajouté Verbeeck, qui réside en Colombie-Britannique.