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La péquisation du PLQ

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Quand je regarde ce qui se passe chez les libéraux ces temps-ci, ça me fait penser à un film dans lequel j’ai déjà joué, au Parti québécois.

Le déclin de ce qui a déjà été un grand parti, ce n’est pas beau à voir, d’autant plus qu’on n’est pas toujours conscient de ce à quoi on assiste.

Les 5 étapes

Ça ressemble aux 5 étapes du deuil. Il y a d’abord le choc et le déni. On minimise l’importance de sa défaite, on omet de s’arrêter sur ses causes, on se dit qu’on reviendra plus fort nécessairement, que ce n’est qu’une question de temps.

Après, c’est la colère. On en veut aux Québécois d’avoir mal voté et on cherche des têtes à couper dans l’organisation. C’est sûrement de leur faute si on a perdu. À voir le brassage dans les cadres du PLQ depuis les élections, cette étape s’est plutôt bien passée.

Il y a ensuite le marchandage. Certains voudraient que le PLQ s’excuse pour l’austérité. On veut être plus environnementaliste, sans que ça nuise à l’économie. On veut être plus nationaliste, mais pas trop. On dirait les péquistes discutant de la mécanique référendaire ou de l’enjeu identitaire.

Vient ensuite la dépression. On se dit que ça ne vaut plus la peine de continuer, que l’importance du sacrifice ne vaut plus la peine d’être versée. Au PQ, la formule consacrée était de dire qu’on ne partirait pas si un référendum s’en venait. Au PLQ, on dit «Je me choisis et je choisis ma famille».

Arrivent finalement l’acceptation et la reconstruction, éventuellement. Il arrive aussi qu’après un bref soubresaut, on régresse et on revienne quelque part à une des étapes précédentes.

Longue agonie

À en juger la frénésie avec laquelle les libéraux sautent d’une étape à l’autre, ça a l’air d’être bien parti pour durer. Au PQ, ça fait plus de 15 ans.

Les partis ne meurent pas subitement. Ils agonisent longuement. Le PLQ est en train d’en faire l’expérience.