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Cet homme de Québec est l’un des rares à avoir subi deux greffes de cœur

Alexandre Tremblay prendra part dimanche prochain à son quatrième Cyclo Défi au profit de l’IUCPQ. Il n’a jamais hésité à s’impliquer pour redonner. «Ce n’est pas ma deuxième vie, c’est ma troisième, et j’y pense toujours. [...] Ça allait de soi que je m’implique pour aider la cause.»
Photo Simon Clark Alexandre Tremblay prendra part dimanche prochain à son quatrième Cyclo Défi au profit de l’IUCPQ. Il n’a jamais hésité à s’impliquer pour redonner. «Ce n’est pas ma deuxième vie, c’est ma troisième, et j’y pense toujours. [...] Ça allait de soi que je m’implique pour aider la cause.»

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 Cas extrêmement rare en médecine, un double greffé du cœur de Québec mord plus que jamais dans la vie, bien déterminé à profiter de cette autre chance avec son troisième cœur. «Ce n’est pas une deuxième vie, c’est maintenant une troisième», lance Alexandre Tremblay.  

 

 Âgé aujourd’hui de 42 ans, M. Tremblay a traversé plusieurs tempêtes au cours des 10 dernières années. En 2008, en pleine santé et nouvellement papa, un violent virus au cœur, une myocardite, fait tout basculer.  

 

 «Juste à rentrer les poubelles, j’étais essoufflé. Après des radiographies pulmonaires, mon médecin m’a envoyé voir un cardiologue qui, lui, m’a dit : “Je ne veux pas vous alarmer, mais vous êtes vraiment en danger”», se rappelle Alexandre Tremblay, décrivant ces mots comme le début d’un tourbillon.  

 

 «C’était la journée de ma fête, j’avais 31 ans et mon enfant n’avait même pas un an. C’est tout un choc.» 

Alexandre Tremblay prendra part dimanche prochain à son quatrième Cyclo Défi au profit de l’IUCPQ. Il n’a jamais hésité à s’impliquer pour redonner. «Ce n’est pas ma deuxième vie, c’est ma troisième, et j’y pense toujours. [...] Ça allait de soi que je m’implique pour aider la cause.»
Photo Simon Clark

 Après presque deux ans de traitements et d’attente, il reçoit finalement l’appel tant attendu en février 2010. «Tu l’espères tellement, cet appel-là, mais quand il arrive, tu as tellement peur», raconte-t-il, ajoutant qu’il en garde peu de souvenirs, tant tout déboulait vite.  

 

 Tout recommencer  

 

 Après cette première greffe, le résident de Québec mènera une vie normale où il reprendra le travail et ses activités. Aucun signe ne laissait croire que quatre ans plus tard, un rejet le replongerait dans ce qu’il avait déjà surmonté.  

 

 «C’est une grosse déception parce que tu penses que c’est terminé après la greffe. On a des rencontres entre greffés et tu vois des gens qui n’ont pas eu de problèmes depuis 15, 20 ou 25 ans.»  

 

 Après un an sur la liste d’attente, il reçoit pour la deuxième fois l’appel des médecins avec la bonne nouvelle. «C’est aujourd’hui que ça se passe, on a un cœur. C’est tout ce qu’ils disent.»  

 

 Contrairement à sa première greffe, il se souvient de tout ce qui est venu durant cette deuxième chance. «Je suis resté en confiance tout le long du processus. Je ne m’en faisais pas, j’allais revenir. La vie n’allait pas se débarrasser de moi comme ça, pas après ce que j’avais traversé», confie le battant.  

 

 Vivre à fond  

 

 Alexandre Tremblay a quitté l’hôpital dix jours après sa deuxième greffe, ce qui peut paraître rapide, mais qui était une évidence pour le principal intéressé. Parce que maintenant, sa vie, il doit la vivre, et vite. Parce qu’il n’y aura peut-être pas de quatrième chance.  

 

 «Je savais que la double greffe était possible, mais je sais aussi que ça demeure une chance unique. Je veux montrer que ce n’est pas parce qu’on est greffé qu’on doit rester chez nous, que ce n’est pas un handicap», affirme-t-il, déterminé à avancer.  

 

Alexandre Tremblay prendra part dimanche prochain à son quatrième Cyclo Défi au profit de l’IUCPQ. Il n’a jamais hésité à s’impliquer pour redonner. «Ce n’est pas ma deuxième vie, c’est ma troisième, et j’y pense toujours. [...] Ça allait de soi que je m’implique pour aider la cause.»
Photo Simon Clark

 M. Tremblay a depuis commencé le karaté et il fait du vélo. Il pédalera d’ailleurs au Cyclo Défi de l’IUCPQ dimanche prochain, à la tête de l’équipe «Les Superhéros», un nom qui lui sied bien. 

 «J’ai créé les Superhéros parce que oui, j’ai vaincu la mort, même deux fois, mais mes proches, ma conjointe, mes médecins ont tous aussi été des superhéros là-dedans. C’est pour ça qu’on va pédaler ensemble.»  

 

 Seulement cinq cas en près de 30 ans  

 

 

 Alexandre Tremblay fait partie d’un groupe select de doubles greffés qui ont eu la chance d’avoir une troisième chance de la vie à l’IUCPQ depuis 1993, une situation d’exception, affirme l’un de ses médecins.  

 

 Le docteur Mario Sénéchal ne fait pas de détours lorsque questionné sur son patient. «Ce sont des procédures vraiment exceptionnelles», explique-t-il à propos de la double greffe cardiaque.  

 

 Depuis que l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, autrefois l’Hôpital Laval, pratique la transplantation, Alexandre Tremblay n’est que le cinquième cas du genre. «Depuis 1993, on a fait 361 greffes de cœur, mais nous avons seulement eu cinq patients regreffés», indique le cardiologue.  

 

 Intervention risquée  

 

 Le médecin explique que l’âge et la condition générale du patient jouent un grand rôle dans ce type de décision puisque les risques de mortalité passent de 10 % pour une première greffe, à 20 % pour une deuxième.  

 

 «C’est une intervention où il y a plus de risques. Nos patients qui ont été regreffés étaient âgés de la vingtaine jusqu’à la jeune cinquantaine. Alexandre était un patient parfait, vu le courage qu’il a démontré dès la première greffe. Il n’y a pas eu de doute, on voulait le regreffer», souligne le Dr Sénéchal.  

 

 Longue attente  

 

 Actuellement, le temps d’attente pour une greffe cardiaque au Québec se situe entre quelques semaines pour les cas les plus urgents, jusqu’à quelques années. La moyenne se situe aux alentours de 15 mois.  

 

 «Il y a plusieurs critères qui entrent en ligne de compte, comme l’état du patient, mais aussi la compatibilité sanguine, le gabarit du patient, et, également, la chance», indique le cardiologue qui pédalera aux côtés de son patient lors des 50 km du Cyclo Défi de l’IUCPQ dimanche prochain.