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Prêt à gravir 55 montagnes en 55 mois pour ses 55 ans

L’alpiniste François-Guy Thivierge s’apprête à s’attaquer au défi de sa vie

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 Au printemps, François-Guy Thivierge dévoilait son improbable projet de gravir 55 montagnes en autant de mois pour souligner en grande pompe ses 55 ans. À la veille du grand départ, l’alpiniste s’apprête à s’attaquer au défi de sa vie sans l’ombre d’un regret. 

 «Je me sens surexcité, fébrile, très enthousiaste. Mon dernier voyage a eu lieu il y a déjà six mois. J’ai vraiment besoin d’un nouveau défi pour me ressourcer en montagne et reprendre contact avec la nature. Il y a certainement un peu de nervosité à la veille du départ, mais c’est inspirant pour moi », a-t-il confié. 

 Pour l’athlète, aventurier et conférencier de Québec, dont la renommée en montagne n’est plus à faire, il s’agit tout de même d’une gargantuesque bouchée à dévorer. 

ÉCOUTEZ l’entrevue avec François-Guy Thivierge, propriétaire du Roc Gyms et alpiniste, sur QUB radio:

 Cinq voyages par année qui le conduiront jusqu’à ses 60 bougies, à raison de deux à trois montagnes par voyage, en moyenne. 

 Même que certains voyages seront entièrement dédiés à une seule montagne, comme son expédition de 40 jours prévue en 2021 pour un tête-à-tête avec le redoutable Gasherbrum II, au Pakistan. 

 Cap sur Chamonix 

 C’est donc mercredi que François-Guy Thivierge s’envolera vers le continent européen en compagnie du grimpeur et alpiniste aguerri Jean-François Girard. 

 «Il est très fort, autant sur rochers que sur glace. Je suis accompagné par un top au Québec, un gars extrêmement sérieux et endurant. C’est un gros plus», se réjouit l’insatiable montagnard. 

 Après un vol vers Lyon, les compères sauteront dans une voiture pour gagner Chamonix, où les Drus se dresseront devant eux. 

Lors d’un voyage de reconnaissance dans la région de Chamonix, il y a quelques mois, l’alpiniste a été en mesure de contempler les Drus, qu’il s’apprête à attaquer bientôt.
Photo courtoisie, François-Guy Thivierge
Lors d’un voyage de reconnaissance dans la région de Chamonix, il y a quelques mois, l’alpiniste a été en mesure de contempler les Drus, qu’il s’apprête à attaquer bientôt.

 C’est dans la nuit de jeudi à vendredi que débutera l’ascension. 

 «Partir dans la nuit avec le rayon lumineux des lampes frontales qui éclaire nos pas, c’est un moment autant magique qu’angoissant. Une fois installé sur la paroi, tu gagnes en confiance et tu savoures encore plus le moment», a-t-il décrit, tel un sublime tableau. 

 L’itinéraire prévu enverra Thivierge ensuite vers les Grandes Jorasses ou les Drus, une portion qu’il entend compléter en deux à trois jours, dont 12 à 18 heures d’ascension. 

 Changements climatiques 

 Somme toute, le plan présenté à l’origine par l’alpiniste le printemps dernier ne s’annonce pas bousculé outre mesure. 

 Toutefois, l’impact des changements climatiques le force à reconsidérer certains choix. 

 «Le réchauffement dans les Alpes a créé beaucoup d’éboulements», a-t-il expliqué. 

 «Normalement, le sol reste gelé en permanence dans des montagnes de 3000 à 4000 mètres, mais présentement, le permafrost a dégelé de manière importante, même à l’intérieur de la montagne. Il faut donc garder les yeux ouverts et se renseigner auprès des guides de montagne, quitte à revoir nos plans.» 

 «La canicule s’estompe, mais la montagne présente toujours un risque, et il faut y aller dans les meilleures conditions», a poursuivi celui qui n’entend cependant pas dévier de l’objectif de 55 montagnes. 

 Toutefois, le plan demeure de jouir de la puissance de la nature, et si le risque devient trop énorme, la sagesse prévaudra. 

 «Il y a toujours eu des risques saisonniers, mais en cette ère de changements climatiques, il y a des montagnes qui perdent complètement la face. Les Alpes sont vraiment affectées, et ça risque de s’amplifier», dit-il. 

 Partenaires 

 Évidemment, un projet d’une telle envergure nécessite des investissements considérables. 

 François-Guy Thivierge avait évalué ce printemps le coût de sa mission à plus de 300 000 $, dont au moins 50 000 $ de sa poche. 

 Pour l’aider, des partenaires tels que l’agence de voyages Terra Ultima, North Face, l’eau d’érable pure Maple 3, le Massif de Charlevoix, les bottes de montagne LOWA, Air Médic, SiliCycle, Desjardins et Assurances Gamache l’ont jusqu’ici épaulé. 

 Il est toujours à la recherche de partenaires, et les gens qui désirent l’appuyer financièrement peuvent aussi le faire sur sa page Défi55 via GoFundMe. 

 Tout au long de l’aventure, des images et extraits vidéo seront disponibles sur les pages Facebook et Instagram de l’alpiniste.