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Une décision logique s’impose

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Photo AFP Marc-Édouard Vlasic ne s’est pas gêné pour critiquer certains aspects de la convention collective de la LNH.

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Qu’avaient à gagner les propriétaires de la Ligue nationale de hockey ?

La ligue connaît des succès inattendus sur le plan des revenus. Sa popularité ne cesse de croître aux États-Unis. Le spectacle n’a jamais été aussi enlevant en raison de la parité.

Et, encore plus important, les propriétaires et Gary Bettman négocieront dans deux ans une nouvelle entente avec plusieurs diffuseurs américains, et on prétend que la LNH pourrait obtenir 500 millions $ par saison des chaînes spécialisées.

Donc, le statu quo était à prévoir. C’était une décision logique dans les circonstances.

C’est maintenant aux joueurs de se prononcer.

Ils se réuniront — du moins les représentants de chacune des 31 équipes — à Chicago, mercredi. On va étudier les clauses de la présente convention qui sont loin de faire l’unanimité et puis on tranchera le 15 septembre.

Soit les joueurs acceptent le statu quo, soit ils disent aux propriétaires : « Vous savez quoi, il y a des clauses qui sont injustes pour les joueurs, ça fait des années que nous nous soumettons à ce régime, c’est fini. Il faut que ça change. »

Les propos de Vlasic

Alors, si les joueurs choisissent la deuxième option, la présente convention de travail, plutôt que de prendre fin après la saison 2021-2022, sera à renégocier immédiatement après la présente saison.

Sinon... vous connaissez les scénarios des dernières négociations.

Marc-Édouard Vlasic a exprimé tout haut ce que les hauts salariés de la Ligue nationale pensent tout bas, en tous les cas la plupart d’entre eux. Il y a quelques années, Alex Ovechkin avait fait connaître ses états d’âme relativement à la clause en « fidéicommis ».

Maintenant, c’est Vlasic qui claironne : « On n’aime pas cette clause. On signe des contrats et tout de suite, on doit verser 15 % de notre salaire annuel pour compenser le manque à gagner. Si ça ne fait pas notre affaire, alors autant prendre une décision immédiatement. Alors, profitons de l’occasion qui se présente et mettons un terme à la présente convention après la saison 2019-2020. »

Au cours des dernières années, les joueurs ont été solidaires. Ils n’ont pas voulu faire trop de vagues au sujet de cette clause, même s’il y avait un profond désaccord. On se disait qu’il fallait protéger les joueurs moins fortunés.

Mais le décor a changé au fil des ans. Il y a de moins en moins de contrats passerelles. Les jeunes joueurs touchent le gros lot après trois ans seulement dans la ligue. L’exemple des joueurs autonomes avec restriction est éloquent. Ce sont tous des joueurs qui obtiendront des contrats faramineux.

Les joueurs croient de plus en plus que c’est le moment de contester la clause en « fidéicommis ».

Contrats blindés

Faut-il s’étonner que plusieurs joueurs, depuis deux ans, ont signé des ententes leur permettant d’encaisser plusieurs millions de dollars si jamais un conflit de travail suspend les activités de la ligue en octobre 2020.

Le danger pour les joueurs, c’est que si on s’oppose fortement au retour de la clause en fidéicommis, les propriétaires répondront avec de nouvelles conditions.

Va-t-on encore une fois provoquer Gary Bettman ?

Pour l’instant, avec des revenus qui augmentent, les joueurs ne devraient-ils pas mettre de côté leurs revendications ?

Après tout, leur sport progresse, possiblement que la clause en fidéicommis s’amenuisera au cours des prochaines saisons.

Il ne reste que trois saisons à la présente convention collective.

Dans les poches des proprios

Je sais que les joueurs n’acceptent pas du tout que le prix payé pour une nouvelle concession aille directement dans la caisse des propriétaires et non dans le partage des revenus.

C’est vrai. Mais les propriétaires répliquent : « On permet la création de nouveaux emplois... alors. »

Si le système actuel plaît aux propriétaires, mais que les joueurs s’y opposent, les investisseurs ne tarderont pas étudier la perspective de contrats non garantis ou de soumettre un maximum de cinq ans pour tout contrat. Par conséquent, qu’auront à gagner les joueurs en exigeant un retour à la table des négociations deux ans avec l’échéance de la convention ?

Le statu quo apparaît comme une décision logique... également pour les joueurs.

Le casse-tête de Dubas

Bon, voilà qu’à Toronto, on s’énerve un tout petit peu dans le dossier de Mitch Marner. Enfin, disons qu’on s’inquiète.

Les jours passent et rien ne se passe. Darren Ferris, l’agent de Marner, et Kyle Dubas, le décideur des Maple Leafs, se gardent bien d’alimenter la galerie.

On attend. On persévère et on souhaite qu’un des deux négociateurs tranche le débat.

Dans les nombreuses probabilités soulevées par les partisans et les membres de la presse, on se demande maintenant si Dubas ne sera pas contraint de rompre les liens avec son jeune joueur étoile. Une chose est certaine, il ne peut pas vivre la même expérience que celle de l’an dernier alors qu’il en est venu à un accord dans les dernières minutes avant le 1er décembre avec William Nylander. Les Leafs ne peuvent pas disputer 25 ou 30 matchs sans Marner.

Ce qu’on met en relief, ce sont les changements apportés par les équipes de l’Association de l’Est, particulièrement les formations de la division Atlantique.

Impact majeur

L’absence prolongée de Marner pourrait causer de nombreux soucis à Mike Babcock et à son groupe.

Cependant, échanger Marner exige un exercice qui pourrait avoir un impact majeur sur la progression de l’équipe. Que peut-on exiger pour lui ? Les observateurs près du dossier soutiennent que Dubas ne pourrait pas se départir de Marner à moins d’obtenir un défenseur de haut niveau, un attaquant de haut niveau et un choix de première ronde.

Un instant !

Quelle équipe serait disposée à compléter un tel marché ? Marner est un joueur d’exception, personne n’en doute, mais échanger deux joueurs importants de ta formation et un choix de premier tour, c’est un pensez-y-bien. Tu veux toujours acquérir un joueur de ce calibre, mais tu dois également t’assurer qu’il sera bien entouré, qu’il pratiquera son sport dans un environnement favorable, un environnement dans lequel il pourra exploiter pleinement son talent.

Par contre, ce qu’on s’explique difficilement, c’est l’entêtement de Dubas à ne pas reconnaître la valeur réelle de Marner. Si tu déploies le tapis rouge pour combler les désirs d’Auston Matthews, Marner n’a-t-il pas également droit à ce privilège ?