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La rentrée des malaimés

Les élus et leurs équipes seront réunis en caucus quelques semaines avant le début des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale

Caucus liberal
Photo d'archives, Simon Clark Le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand, lors d'une des nombreuses mêlées de presse à l'Assemblée nationale.

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Alors que la rentrée scolaire de nos enfants bat son plein, les élus et leurs équipes seront réunis en caucus quelques semaines avant le début des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale.   

Pour plusieurs, le caucus marque le retour des nombreuses journées loin de la maison. Un petit Facetime avant le dodo des enfants, entre une activité avec les militants et la préparation au point de presse du lendemain, ce sont des scènes bien courantes de ces événements.          

Attention, la rentrée parlementaire ne signifie pas que les élus et leur personnel étaient en vacances tout l’été! Les travaux parlementaires ne sont qu’une partie du travail des politiciens. Travail en circonscription, missions à l’étranger, activités partisanes — il faut bien ramasser des dons et garder les bénévoles motivés jusqu’à la prochaine élection — font également partie de leur description de tâches. Sans compter que deux courses à la direction sont sur le point de démarrer.          

La rentrée parlementaire constitue néanmoins un moment fort: les journalistes chevronnés reviennent de vacances, et il faut leur démontrer et leur faire dire qu’on sait où on s’en va. C’est le retour des nombreuses mêlées de presse, des périodes de questions, des commissions parlementaires et le retour des controverses et des cycles de nouvelles plus rapides.          

Je vous salue bien bas   

Durant cette session, tous les élus et leur staff travailleront de longues heures, au détriment de leur vie personnelle. J’ai quelques tapes dans le dos à distribuer de façon plus particulière. Vous remarquerez que je ne parle pas spécifiquement du gouvernement ni de QS. J’y reviendrai souvent, ne vous en faites pas!         

Ma première tape va au personnel politique œuvrant au sein des deux partis sans chef, et qui assure la bonne marche de l’intérim: je vous souhaite des équipes de campagne qui vous respectent et qui comprennent qu’il faut préserver une espèce de cohérence au sein du caucus pour ne pas empirer son sort. Il s’agit là d’un incroyable défi! Chacun des candidats à la direction cherche à se démarquer, à faire sa place et à toucher à tous les dossiers, pas seulement à celui qui lui a été attribué par le chef par intérim. Quand tu fais partie du cabinet d'un chef intérimaire, tu ne sais jamais de quoi ta journée sera faite.         

Ensuite, j’envoie une bonne dose d’énergie aux équipes de campagne de chefferie. Les courses à la direction sont épuisantes... En plus du travail normal d’élu, c’est la multiplication des activités de campagne, et, tout à coup, des collègues deviennent des adversaires, apportant son lot de frictions.          

Ma troisième tape dans le dos est pour les journalistes parlementaires. S’il y a un caucus loin de la maison, ils y sont. Une campagne électorale? Ils montent à bord du bus. Ils ont eux aussi manqué de nombreuses rentrées scolaires, rencontres de parents et spectacles de fin d’année. Ils ont eux aussi dû s’excuser auprès de leur conjoint.e et de leurs amis de ne pas être très présents. Et ils ne reçoivent pas souvent de compliments eux non plus...          

Pas toujours valorisant   

Imaginez un instant que tout le monde ait des critiques à formuler sur votre travail, ou sur votre employeur. C’est ce que vivent au quotidien ceux qui baignent dans la politique.         

Quand la chauffeuse de taxi ou le coiffeur te demande ce que tu fais dans la vie, si tu réponds honnêtement, il y a de fortes chances pour qu’ils te donnent leur appréciation des choses. Si vous saviez le nombre de fois que j’ai préféré demeurer floue sur la nature exacte de mon travail parce que je n’avais pas envie d’avoir une autre discussion sur la course à la chefferie, l’indépendance ou le dernier psychodrame péquiste.          

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai occupé divers postes au Parti québécois de 2012 à 2018, travaillé pour divers élus et côtoyé cinq chefs (ayoye hein). Je peux vous dire qu’au cours de ces années, la phrase que j’ai le plus souvent entendu est: «En tout cas hein! Ça va pas bien vos affaires!»          

Chaque souper de famille a le potentiel de devenir un panel d’analystes politiques. Travailler en politique, c’est un peu comme être DG du Canadien. Sans le salaire.         

Évidemment, tu te fais une carapace, mais que tu le veuilles ou non, ça finit par t’atteindre. Et c’est extrêmement difficile de décrocher. C’est la beauté de la démocratie, elle appartient à tout le monde et il est sain que tout un chacun ait une opinion à exprimer.          

Heureusement, l’engagement politique est aussi fait de bonheurs, d’émotions fortes, d’amitiés et d’un profond sentiment d’utilité. C’est une chance et un privilège de servir nos concitoyens, ne l’oublions jamais.         

Bonne rentrée!