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Le spectre inquiétant d’une récession

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Après dix années de croissance économique sans interruption, sommes-nous rendus au bord d’une récession ?

Pour le moment, le Canada semble épargné. Comme l’économie canadienne va relativement bien, la Banque du Canada devrait laisser demain son taux directeur à 1,75 %.

Mais du côté américain, on s’attend à ce que la Réserve fédérale (Fed) baisse le sien d’un autre quart de point lors de sa réunion du 18 septembre, le faisant passer de 2,25 % à 2,0 %.

Le motif de cette baisse ? La Fed souhaite ainsi contrer les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis qui ont pour impact négatif de ralentir l’économie mondiale et d’affaiblir le secteur manufacturier et des investissements des entreprises aux États-Unis.

Cela devrait calmer le président américain Donald Trump qui ne cesse de réclamer une baisse appréciable du taux directeur de la Fed en vue de stimuler l’économie américaine. Le fougueux chef de la Maison-Blanche compte sur une économie en bonne santé pour convaincre les électeurs américains de lui confier en novembre 2020 un deuxième mandat.

Avec une baisse du taux directeur de la Fed, Trump souhaite que le dollar américain perde des plumes, question de donner un coup de pouce aux exportateurs américains. En cette période de guerre commerciale, il est évident qu’un dollar US fort nuit aux États-Unis.

COCKTAIL D’INDICATEURS

Plusieurs indicateurs pointent en direction d’une récession.

L’économie allemande en arrache. Des signes de grand ralentissement de la croissance économique frappent la Chine. Hong Kong est aux prises avec de vives tensions politiques.

L’Italie est de nouveau en crise politique. Un Brexit de plus en plus « dur » s’annonce... sous la férule de Boris Johnson, le nouveau premier ministre du Royaume-Uni.

Autre indicateur à souligner : au Japon et en Allemagne, les obligations offrent des rendements négatifs.

Et la récente inversion de la courbe de rendement aux États-Unis (le rendement à long terme rapportant moins que le court terme) a semé les ingrédients d’une panique financière, cette inversion étant habituellement un indicateur précurseur de récession.

Ainsi parmi le monde de la haute finance, les craintes de récession demeurent omniprésentes.

C’est pourquoi les investisseurs souhaitent voir les banques centrales intervenir au plus vite en réduisant leurs taux directeurs respectifs.

Cependant, comme les taux directeurs des banques centrales sont peu élevés, leur marge de baisse en sera d’autant limitée...

ET LA BOURSE

En raison des risques de récession de plus en plus évidents, tous les marchés boursiers ont enregistré en août des reculs, allant de 1 à 4 %, selon les indices.

Mais, grâce à la bonne performance accumulée lors des sept premiers mois de l’année, les marchés boursiers amorcent tous le mois de septembre avec de solides gains, à l’exception des marchés émergents, dont le rendement s’élève à peine à 1,1 %.

Pour les huit premiers mois de l’année 2019, les meilleures performances reviennent à la Bourse canadienne (17,1 %) et à la Bourse américaine (15,3 %).

Les bourses européennes et asiatiques affichent respectivement des hausses cumulatives de 7,7 % et 5,1 % depuis le début de l’année.

Attachez vos tuques si jamais les risques de récession mondiale s’amplifient !