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Sainte-Marthe-sur-le-Lac ira devant les tribunaux s’il le faut

Certains riverains ne souhaitent pas que la digue soit rehaussée de 26,5 mètres

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Le ton monte à Sainte-Marthe-sur-le-Lac où des citoyens s’opposant aux travaux de reconstruction de la nouvelle digue, qui reprennent mercredi, pourraient faire face aux tribunaux et même à la police.

Le conseil municipal a voté une résolution mardi donnant les pleins pouvoirs à la Ville pour poursuivre et/ou faire arrêter par la police tout citoyen qui interdirait le passage des travailleurs œuvrant à la reconstruction de la digue.

« Je trouve ça dommage qu’on en soit rendu là pour quelque chose de récréatif. Une vue sur le lac [des Deux Montagnes], c’est récréatif. On est certain que ça va passer de toute façon », a lancé Linda Côté, une résidente de la 36e Rue, peu avant la réunion extraordinaire.

Avec cette résolution, la mairesse Sonia Paulus s’est donné les moyens d’agir rapidement au cas où des riverains bloqueraient encore l’accès aux ouvriers, comme ce fut le cas jeudi dernier.

Les travaux de renforcement et de rehaussement de la digue avaient débuté le 19 août avant d’être stoppés par des riverains mécontents que leur vue soit obstruée.

La digue a cédé le 27 avril dernier, inondant des milliers de maisons dans cette ville d’un peu plus de 19 000 habitants dans les Basses-Laurentides.

Une séance extraordinaire du conseil municipal de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a eu lieu mardi après-midi sous haute surveillance policière. La Ville, qui veut rehausser et renforcer la digue, a interdit aux médias de prendre des images.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair
Une séance extraordinaire du conseil municipal de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a eu lieu mardi après-midi sous haute surveillance policière. La Ville, qui veut rehausser et renforcer la digue, a interdit aux médias de prendre des images.

Travaux urgents

Sainte-Marthe-sur-le-Lac avait annoncé vouloir hausser la digue et les murs de roches ou de béton déjà existants de plusieurs pieds entre la 1re Avenue et la 45e Avenue.

Mme Paulus explique que les travaux sont urgents, car ils doivent être terminés pour le printemps prochain.

« Une deuxième opinion [sur la hauteur de la digue] prendrait trois semaines. Je ne peux pas imposer un délai additionnel à la population, et ce, pour son bien », a-t-elle dit.

Des riverains se sont dotés d’un porte-parole qui habite sur le bord de l’eau, sur la rue Mathys.

Pas contre la digue

« D’abord, on n’est pas contre la digue, on veut une digue. Nous voulons simplement qu’elle soit d’une hauteur raisonnable », a précisé Serge Racette, qui dit représenter une trentaine de riverains.

Celui-ci a mentionné qu’ils avaient des avocats et que le débat était loin d’être clos.

M. Racette demande une réunion d’urgence avec la Ville. Il explique que des riverains ont embauché des experts pour faire la démonstration qu’une digue à 26,5 m au-dessus du niveau de la mer était inutile.

Il prétend que cette hauteur vise davantage à protéger Hydro-Québec dans sa gestion de l’eau en provenance des barrages en amont.

Une centaine de citoyens – riverains et non riverains – ont participé à la séance mardi après-midi sous surveillance policière.