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Trottinettes: cessons le psychodrame

Trottinettes: cessons le psychodrame
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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À force de vouloir tenir les compagnies Lime et JUMP «responsables» du déploiement de leurs trottinettes et de leurs vélos électriques, on va jusqu’à leur imputer le tort du vandalisme dont elles sont les victimes. Ça me rappelle curieusement le cas de BIXI il y a une dizaine d’années. 

Lorsque les BIXI sont arrivés, des forcenés jouaient du couteau et crevaient leurs pneus la nuit à certaines stations. Pourquoi? Je ne sais plus trop. Bizarrement la presse en général avait tendance à reprocher ces actes de sabotage... à BIXI! Comme si c’était sa faute.  

Pareillement, lorsqu’un grand génie décide de précipiter une trottinette Lime au fond du canal de Lachine, c’est la preuve que c’est le «chaos» avec ces petites planches-roulantes-à-poignées. La semaine dernière, un comique a pris une Lime sur son épaule et la laissée sur le quai du métro Papineau. Grosse affaire, hein?  

Psychodrame 

J’ose imaginer que si je croisais une trottinette qui encombre le trottoir, je la déplacerais un peu pour libérer le passage. Pas besoin de muscles, c’est léger. J’ose également croire que je ne la prendrais pas en photo pour propager un commentaire du genre: «Maudites trottinettes!» 

C’est ironique que Montréal traverse un «psychodrame» avec le plus compact et inoffensif des moyens de locomotion. Dans certaines villes, de nombreuses compagnies exploitent n’importe comment des milliers de trottinettes; aucun rapport avec notre métropole, où l’usage demeure restreint. En fin de semaine dernière, La Presse utilisait l’adjectif «chaotique» pour décrire la situation montréalaise et montrait de choquantes photos de filles à trottinette sans casques. Or, ce qui devrait nous consterner, c’est plutôt cette obligation du casque ridiculement restrictive pour ce moyen de transport qui sert à franchir de mini-distances à l’improviste.  

Stationnement à faciliter 

Je me souviens que ça grommelait, il y a une vingtaine d’années, parce que les voitures Communauto occupaient des espaces de stationnement. Au contraire, ces automobiles «partagées» ont dispensé une foule de Montréalais (dont votre chroniqueur) de se procurer des voitures privées.  

Prenez le demi-millier de trottinettes disponibles à Montréal et vous pourriez les ranger toutes dans la place requise pour stationner vingt autos. Or, on obsède au sujet des lieux désignés où on peut laisser ces trucs miniatures. Bref: de un, enlevons l’obligation du casque pour les vélos et trottinettes électriques afin d’en permettre un usage spontané. De deux, libéralisons le stationnement de ces engins si utiles partout où ils n’obstruent pas la circulation, par exemple collés sur les bandes jaunes aux intersections.