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Des joints roulés dans l’ancienne prison de Sorel

La famille propriétaire de la Laiterie Chalifoux affirme être sur le point d’acheter l’ex-établissement carcéral

Un total de dix cellules composait les ailes de détention de chaque secteur.
Photo Stéphane Martin, Sorel-Tracy Magazine Un total de dix cellules composait les ailes de détention de chaque secteur.

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Le fils du président de la Laiterie Chalifoux, Rolland-Pierre Chalifoux, met 3 millions $ sur la table pour convertir en « usine à rouler des joints » l’ancienne prison de Sorel qui a hébergé le motard Maurice Boucher.

« On est sur le point de faire l’acquisition de la prison si tout marche comme prévu. C’est un investissement de 3 millions $, pour le bâtiment, avec une quarantaine d’emplois », a confirmé au Journal Rolland-Pierre Chalifoux, PDG de Nuances mj quelques heures avant une rencontre publique avec des citoyens de la ville.

Depuis l’an dernier, la Société québécoise des infrastructures (SQI) cherche un acheteur pour l’immeuble de deux étages qui a accueilli dans ses murs, pendant plus de 50 ans, des motards, dont le tristement célèbre Maurice Boucher.

Rolland-Pierre Chalifoux, fils du président de la Laiterie Chalifoux, pilote le projet.
Photo Francis Halin
Rolland-Pierre Chalifoux, fils du président de la Laiterie Chalifoux, pilote le projet.

 

Or, le fils d’Alain Chalifoux, président de la Laiterie Chalifoux, Rolland-Pierre Chalifoux, veut acheter la prison laissée à l’abandon pour y faire un centre de transformation du cannabis parce que l’endroit possède déjà une infrastructure de sécurité.

« C’est un clé en main côté sécurité. On va pouvoir utiliser ce qu’il y a déjà, comme les clôtures, les systèmes de caméras et les murs de béton de sécurité », poursuit M. Chalifoux, qui prévoit embaucher journaliers et agents de sécurité à 15 $ ou 20 $ l’heure.

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, n’a que de bons mots pour les Chalifoux.
Photo Francis Halin
Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, n’a que de bons mots pour les Chalifoux.

Du yogourt au pot ?

Quand on demande à M. Chalifoux s’il pourrait faire plus que rouler des joints dans l’usine et se lancer bientôt dans des produits laitiers au pot avec l’entreprise familiale, il s’esclaffe. « On ne l’exclut pas un jour, mais on n’est pas rendu là », jure-t-il.

Cela dit, il ne cache pas non plus son désir d’explorer ces marchés. « Un jour, on aimerait ça aller vers l’extraction pour pouvoir faire des mélanges alimentaires. On va chercher cette expertise-là. Aux États-Unis, il y a de la crème glacée au pot », lance l’homme d’affaires de la cinquième génération des Chalifoux.

Au Québec, la Laiterie Chalifoux est l’un des fleurons de l’industrie avec sa marque Riviera de yogourts et de fromages. La PME québécoise de 200 employés, dont le siège social est à Varennes, a ses bureaux et son usine à Sorel-Tracy

Nouveaux revenus

De son côté, le maire de la ville de Sorel-Tracy, Serge Péloquin salive déjà à l’idée de trouver une nouvelle vocation à la prison. « C’est le seul projet qui a été soumis », a-t-il confirmé au Journal, avant de participer à une soirée publique portant sur la modification de zonage du bâtiment.

Pour Serge Péloquin, ce projet financé à 100 % par des fonds privés, auquel il ne prévoit pas accorder de « rabais de taxes », pourrait rapporter gros à la municipalité, qui veut multiplier ses revenus pour ses projets de revitalisation.

Quand la prison hébergeait des détenus, l’évaluation municipale du bâtiment était de 5,2 millions $, ce qui rapportait 138 000 $ en taxes municipales chaque année.

Aujourd’hui, parce qu’il n’y a plus d’activité depuis 2017, la valeur du bâtiment a fondu à 1,4 million, ce qui donne à peine 38 000 $ par an à la ville.

« Il y a un manque à gagner de 100 000 $ pour retrouver nos sommes », observe le maire.

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Pendant l’entrevue, M. Péloquin n’a eu que de bons mots pour la famille Chalifoux, qui a une bonne réputation dans la communauté. « Son promoteur est sérieux. Cette famille est en affaires depuis près de cent ans », souligne-t-il.

Au cours des derniers jours, Le Journal a pu échanger avec plusieurs citoyens qui habitent près de l’ancienne prison. Même si plusieurs d’entre eux ont manifesté des craintes à l’égard du projet, aucun n’a accepté d’accorder une entrevue sur le sujet.