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Moins de grandes entreprises créées au Québec qu’ailleurs au pays

La langue, la fiscalité et le contexte réglementaire sont entre autres pointés du doigt

POL-FLAG-HILL
Photo d'archives, Agence QMI

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Malgré un contexte économique de plus en plus favorable, le Québec est encore et toujours à la traîne dans la création et l’attraction de grandes entreprises, révèle une étude du Conseil du patronat du Québec.

La création d’entreprises de 500 employés et plus est en effet moins soutenue au Québec qu’ailleurs au pays, selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

La province accueillait seulement 19 % des grandes entreprises du pays en 2016, alors qu’en 2001 sa part s’élevait à 21,5 %. L’Ontario compte pas moins de 44 % des grandes sociétés privées du Canada.

Impact économique majeur

Au Québec, ces 276 grandes sociétés comptent pour seulement 0,18 % des compagnies privées de la province, mais c’est là qu’on retrouve plus du quart (27 %) des emplois.

De plus, la rémunération dans les grandes entreprises est 41 % plus élevée que dans l’économie en général. Les salariés de grandes compagnies gagneraient ainsi 9,49 $ de plus par heure que la moyenne des salariés québécois.

Deux motifs qui devraient pousser le gouvernement Legault à en faire plus pour en attirer d’autres.

Nombreux freins

« Au Québec, on a toujours des freins. Plus de réglementation, fiscalité plus lourde pour les entreprises, processus d’immigration pour obtenir le personnel dont on a besoin plus compliqué. Tout ça, ça nuit au développement et à l’attraction des grandes entreprises » affirme le président et chef de la direction du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Les obligations linguistiques imposées par la loi 101 peuvent aussi faire peur à des sociétés étrangères, selon lui. « C’est une opportunité, ou une menace. La langue universelle demeure l’anglais, donc certaines sociétés peuvent se montrer moins intéressées [par le Québec]. »

Contreparties

Ces éléments sont compensés par d’autres comme des coûts immobiliers ou de main-d’œuvre moindres, croit M. Dorval.

La période couverte par l’étude s’échelonne de 2001 à 2016, dernière année pour laquelle des données sont disponibles.

M. Dorval rappelle que l’économie du Québec « va mieux » depuis. Mais la création d’entreprises de grande taille n’a pas pour autant bondi.

« Ce faible nombre de grandes entreprises prive possiblement le Québec d’un apport socioéconomique important », s’inquiète le CPQ.