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L’industrie du cannabis peu touchée par la pénurie de main-d’œuvre

L’industrie du cannabis peu touchée par la pénurie de main-d’œuvre

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Philippe Couture - 37e AVENUE

 

Si la pénurie de main-d’œuvre touche le système de santé, le monde agricole, le service à la clientèle et bien d’autres secteurs, il semble que la toute jeune industrie du cannabis n’en ressente pas beaucoup les effets, près d’un an après la légalisation du cannabis au pays. Effet de nouveauté ?

« Étonnamment, nous n’avons pas rencontré de défis particuliers pour pourvoir la plupart de nos postes au Québec », assure Laura Gallant, attachée de presse d’Aurora Cannabis. L’entreprise albertaine a ouvert, en novembre 2018, un gros centre de production intérieure à Lachute. D’une superficie de 48 000 pieds carrés et contenant 11 salles de floraison, ce centre emploie une centaine de personnes. Elle exploite aussi, à Pointe-Claire, une installation de 40 000 pieds carrés de culture intérieure. Ni l’un ni l’autre de ces sites n’est ralenti par la pénurie de main-d’œuvre.

D’autres usines de production de cannabis ont aussi trouvé rapidement des employés. Le producteur HEXO, qui cherchait encore en avril à pourvoir 140 postes à Gatineau, a indiqué à la fin du troisième trimestre de 2019 avoir triplé ses effectifs partout au Canada, passant de 364 à 822 employés. « Il s’agit d’une augmentation de 685 employés, soit cinq fois le nombre que nous comptions au 30 avril 2018 », précise l’entreprise dans ses états financiers.

Des scénarios similaires sont observés, par exemple chez Verdélite, filiale québécoise d’Emerald, qui achève la construction de son installation de 88 000 pieds carrés. Vert Cannabis (ou Vert Mirabel), une serre de 190 000 pieds carrés qui appartient à Canopy Growth et aux Serres Stéphane Bertrand a annoncé avoir atteint sa pleine capacité de production en quelques mois, sans éprouver de gros problèmes d’embauche.

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Même son de cloche du côté des comptoirs de vente de la Société québécoise du cannabis (SQDC), où il n’a pas fallu beaucoup de temps pour dénicher des conseillers compétents. « Nous ne sommes pas touchés par la pénurie de main-d’œuvre, confirme le porte-parole, Fabrice Giguère. La situation de l’approvisionnement s’est également améliorée significativement au fil des derniers mois. Alors que nos clients avaient accès à environ une vingtaine de produits en février, ils ont maintenant accès à plus d’une centaine de différents produits tant en ligne qu’en succursale. Nous avons aussi augmenté notre bassin de fournisseurs. »

Est-ce l’enthousiasme des débuts ?

L’industrie est-elle simplement victime d’un effet de nouveauté ? L’empressement des travailleurs risque-t-il de s’estomper au fil du temps ? Difficile de répondre à cette question.

Une situation d’emploi si positive s’explique néanmoins peut-être par le faible nombre de centres de production en activité au Québec en comparaison avec le reste du Canada. Très peu de licences de production de cannabis ont été octroyées au Québec, dénonce le président de l’Association québécoise des producteurs de cannabis, qui s’en est récemment inquiété sur les ondes de Radio-Canada. Seulement 14 licences pour la culture, la vente et la transformation de cannabis ont été octroyées par Santé Canada sur le territoire québécois, alors que l’Ontario en a obtenu 95 et la Colombie-Britannique, 44.

Il faudra surveiller la croissance de l’industrie québécoise pour voir si la main-d’œuvre sera toujours autant au rendez-vous...