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Pour les PDG de grandes multinationales, les intérêts des actionnaires ne doivent plus être la priorité

Pour les PDG de grandes multinationales, les intérêts des actionnaires ne doivent plus être la priorité
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À la première séance d’un cours de gestion 101, on apprend aux étudiants que l’entreprise a un seul véritable objectif: maximiser la richesse des actionnaires.

Il semblerait que ce dogme du capitalisme moderne, autrefois assumé par l’élite des affaires mondiales, soit en déclin après que les PDG de multinationales l’aient remis en question pendant une rencontre de la Business Roundtable, une association de dirigeants de grandes entreprises.

De nouvelles priorités

Plutôt, une nouvelle priorité ressort des concertations des chefs d’entreprises comme JP Morgan Chase, Amazon et du groupe Goldman Sachs. Les entreprises devraient servir l’ensemble de leurs parties prenantes, des actionnaires aux salariés, aux clients et, au final, la société.

Cette déclaration du groupe Business Roundtable, signée par 181 compagnies américaines d’envergure stipule que «bien que chacune de nos entreprises sert ses buts organisationnels propres, nous partageons un engagement commun envers l’ensemble de nos parties prenantes», avant d’ajouter que «les Américains méritent une économie qui permet à chaque personne de réussir par son travail acharné et sa créativité, et de mener une vie digne porteuse de sens».

Ce changement d’esprit arrive au milieu d’une remise en question de notre système économique et des inégalités qu’il produit dans la société.

Jusque dans les rangs exécutifs des grandes compagnies, les résultats trimestriels et la course aux bénéfices des actionnaires sont critiqués, car ils empêchent de fonder des entreprises solides dédiées aux résultats à long terme.

Mais, faut-il croire les PDG?

C’est une question légitime. Souvent, les grandes entreprises ont caché la poursuite du statu quo derrière des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient.

Prenons Amazon, une signataire assez célèbre de la déclaration. Dans les derniers mois, les conditions de travail difficiles des employés du géant américain ont été documentées plus d’une fois.

Le Financial Post rapporte d’ailleurs que peu de détails ont été donnés par l’association Business Roundtable quant aux actions envisagées pour changer la façon d’opérer du milieu des affaires. «Aucune feuille de route n’a été présentée» pour respecter les engagements énoncés, écrit le quotidien torontois.

De plus, on pourrait s’attendre aux réticences des actionnaires parmi lesquels figurent de puissants personnages. Ces derniers durent plus longtemps que les PDG qui, en moyenne, ne restent en poste que six ans.

Toutefois, le dogme de maximisation de la richesse des actionnaires n’est pas irréversible. D’ailleurs, il n’a pas toujours été là. Ce n’est qu’après la vague néolibérale des années 1980 qu’il s’est installé durablement dans la gouvernance des compagnies.

Alors, volonté véritable ou campagne de relations publiques? Seul le temps nous le dira.


 

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