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Réforme du mode de scrutin: l’appui du Parti québécois demeure inchangé, assure Pascal Bérubé

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé
Photo d'archives, Simon Clark Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé

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 SALABERRY-DE-VALLEYFIELD | Le Parti québécois appuie toujours la création d’un mode de scrutin proportionnel mixte, assure son chef intérimaire, malgré la sortie de deux de ses députés qui s’inquiètent de la perte d’influence des régions dans une telle réforme.  

«Ce qui me préoccupe le plus, c’est que les citoyens des régions, comme le comté de Duplessis, qui est immense mais très peu populeux, perdent un certain pouvoir de représentativité à l’Assemblée nationale», a déclaré mercredi la députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, en marge du caucus de rentrée parlementaire de son parti, qui se tient aujourd’hui et demain à Salaberry-de-Valleyfield.   

La députée de la Côte-Nord ajoute ainsi sa voix aux préoccupations exprimées par le député de Bonaventure, Sylvain Roy, qui craint que les nouvelles circonscriptions soient trop grandes pour que les élus puissent représenter adéquatement leurs concitoyens, surtout dans les régions éloignées.    

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«Ce ne serait pas [seulement] plus difficile, ce serait inimaginable», lance Lorraine Richard.   

Projet de loi à venir   

Malgré ces voix discordantes, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, assure que sa formation politique maintient son appui à une réforme du mode de scrutin. «Notre signature tient toujours sur l’entente», a-t-il affirmé.   

Le PQ a signé en mai 2018 une entente de principe conjointe avec la CAQ et Québec solidaire pour réclamer une réforme du mode de scrutin. À l’époque, le gouvernement Couillard s’opposait à une telle modification, mais le PLQ a récemment montré des signes d’ouverture à ce sujet.   

Le gouvernement Legault doit maintenant déposer un projet de loi d’ici le 1er octobre pour présenter sa réforme du mode de scrutin. Selon les propositions qui circulent, le nombre de députés élus selon le modèle actuel – uninominal à un tour – serait réduit et pourrait passer de 125 à 78 pour être calqué sur les circonscriptions fédérales. Les autres élus deviendraient des «députés de listes» pour mieux représenter le pourcentage de votes obtenu par chaque parti dans une région.   

Lui-même élu dans une circonscription qui couvre un large territoire, Matane-Matapédia, Pascal Bérubé estime que les députés de circonscription pourront remplir leur devoir adéquatement s’ils ont les budgets appropriés pour le faire. «L’essentiel, c’est la qualité du travail qu’on fait, dit-il. Donc, la question des moyens est importante.»    

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Reste maintenant à voir le détail du projet de loi, ajoute M. Bérubé, avant de décider si le caucus péquiste lui accordera son appui. «C’est peut-être un vieux réflexe d’ancien leader parlementaire, mais, tant que je n’ai pas vu la loi, j’aime mieux réserver mes commentaires», explique-t-il.   

Référendum  

Alors que Sylvain Roy affirme que la réforme doit absolument passer par un référendum, le chef péquiste hésite à se prononcer sur la question. «On aura des discussions là-dessus», dit-il.   

De leur côté, les députés Harold Lebel, Véronique Hivon, Joël Arsenault et Sylvain Gaudreault ont également appuyé le principe d’un mode de scrutin proportionnel mixte. Les deux élus péquistes restants, Méganne Perry Mélançon et Martin Ouellet – qui représentent aussi des régions éloignées –, ne se sont pas adressés à la presse.   

Quant à Sylvain Roy, il a précisé à l’entrée du caucus qu’il n’est pas «contre» la réforme, sans pour autant l’appuyer. «On va voir le projet de loi», a-t-il déclaré.   

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