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Brésil: Bolsonaro nomme un procureur général aligné sur sa politique environnementale

Jair Bolsonaro
Photo AFP Jair Bolsonaro

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Le président brésilien Jair Bolsonaro a désigné jeudi comme futur procureur général de la République Augusto Aras, un juriste en phase avec sa politique environnementale, largement critiquée par des experts et des militants.

«Je viens de nommer M. Augusto Aras pour être le chef du Ministère public fédéral. Une des choses dont j’ai parlé avec lui (...), c’est la question environnementale: le respect du producteur rural et aussi le mariage entre la préservation de l’environnement et le producteur» rural, a déclaré le président d’extrême droite à Brasilia.

«On me critique déjà dans les médias, signe que notre nomination est la bonne», a ironisé Jair Bolsonaro en annonçant sa décision.

Cette annonce intervient dans une période de vives critiques - à l’intérieur comme à l’extérieur du Brésil - contre M. Bolsonaro en raison de l’augmentation des incendies en Amazonie, un phénomène principalement causé par la déforestation permettant le développement des activités agricoles et minières.

Pour être confirmé dans ses fonctions, M. Aras doit encore être interrogé et approuvé par une commission du Sénat, ainsi que par la majorité absolue de la chambre haute (41 sénateurs sur 81).

M. Bolsonaro a ignoré la liste des trois candidats fournie par l’Association nationale des procureurs de la République (ANPR).

Même s’il ne s’agit pas d’une pratique obligatoire, depuis le premier mandat de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) la coutume veut que le chef de l’État choisisse le procureur général de la République parmi les trois noms proposés par l’ANPR.

Le conservateur Michel Temer (2016-2018) avait lui aussi tenu compte de cette liste pour nommer la procureure générale actuelle, Raquel Dodge, en 2017.

M. Aras n’était même pas candidat pour le poste.

Le chef du Ministère public fédéral, qui a un mandat de deux ans renouvelables, doit agir en toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs législatif et exécutif. Parmi ses attributions, il peut dénoncer des crimes de leurs membres, y compris le chef de l’État. Ce fut le cas pour le président Temer en 2017, même si les deux plaintes pour corruption à son égard ont été bloquées par les députés.