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Hugo Bernard prône la patience

Le talentueux golfeur québécois de 24 ans fait sa route sur les circuits canadien et latin cette saison

 24 ans, Hugo Bernard dispute une première saison chez les pros au sein du circuit Mackenzie Tour.
Photo courtoisie, Mackenzie tour  24 ans, Hugo Bernard dispute une première saison chez les pros au sein du circuit Mackenzie Tour.

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Rome ne s’est pas faite en un jour. Hugo Bernard non plus. Dans une saison aux multiples apprentissages et difficultés, le Québécois apprend à composer avec sa nouvelle vie de professionnel. Pas toujours facile. Mais il adore.

Et puis Hugo, comment va la vie sur le « Tour » canadien ?

« C’est plaisant. C’est un circuit très compétitif. C’est le meilleur en termes de développement si tu ne joues pas sur le Korn Ferry [anciennement Web.com] », répond le grand gaucher, confortablement assis dans le vestiaire du club de golf Elm Ridge de l’île Bizard, à Montréal, en entrevue avec Le Journal.

« Il faut apprendre à jouer très bas sous la normale. Il faut des rondes constantes de -6 ou -8 pour espérer gagner, dit-il à propos de ce circuit de développement où sont passés les Tony Finau, Corey Conners et bon nombre de Canadiens évoluant maintenant avec la crème de l’élite mondiale. Tu ne peux pas y arriver en jouant -2. »

Et par cette phrase de 10 mots remplie de vérité, il a exprimé sa première saison complète sur le circuit Mackenzie. À ses 10 départs en sol canadien, il est tombé sous le couperet huit fois.

À ses 24 rondes officielles, il a brisé la normale à huit reprises. Voilà pour la portion des statistiques expliquant les performances.

Au-delà des chiffres

Bernard n’en a toutefois rien à cirer de ses stats, car elles n’indiquent pas son état d’esprit et ses objectifs. En nommant de grands noms du golf actuel qui ont mordu la poussière à leurs débuts chez les pros, il prône la patience.

Justin Rose n’a-t-il pas raté 21 couperets de suite quand il a décidé de tourner pro ? Effectivement. L’Anglais compte aujourd’hui 22 victoires autour du globe, un titre majeur, une médaille d’or olympique, un titre de la coupe FedEx, en plus d’avoir occupé le premier rang mondial.

« Tu ne sais jamais le temps que ça va prendre avant de percer. Je ne me mets pas de barrière. Je sais que dans la vie, je veux jouer au golf. Il faut toujours s’améliorer », lance le golfeur de 24 ans de Mont-Saint-Hilaire.

« Si je pense aux résultats et au futur, c’est là que ça devient frustrant et stressant, ajoute-t-il. Je dois rester dans mon processus et continuer à travailler.

« Si c’était facile, tout le monde serait rendu sur le circuit de la PGA en un an. Ce n’est pas mon cas, mais j’aime cette aventure vers le sommet.

« Cette année, j’ai appris à marcher en arrêtant de réfléchir. C’est pourtant simple marcher. Mais au début, je pensais à mettre le pied gauche devant le pied droit et ainsi de suite. Je réfléchissais trop. Je voulais trop bien faire. Je ne me laissais aucunement aller. »

L’aide de Mike Weir

D’un gaucher à un autre, d’un Canadien à un autre, Bernard a lancé une ligne à l’eau en tentant de joindre nul autre que Mike Weir, le champion du Tournoi des Maîtres 2003, pour l’aider dans sa carrière. Le vétéran de 49 ans a répondu avec joie en partageant ses opinions.

Les deux golfeurs s’étaient rencontrés à l’Omnium canadien, il y a quelques années.

« Il m’a aidé à voir ma carrière en général. Pour arriver à mon objectif, j’ai un parcours à suivre. C’est un cheminement. Il est passé par là avec ses nombreux essais aux qualifications du circuit de la PGA », indique le jeune homme qui continue à bûcher dans son développement.

« On ne sait jamais quand la roche va casser à force de frapper dessus, philosophe-t-il en reprenant la phrase d’un de ses instructeurs sur la formation nationale, Derek Ingram. Ce que je sais, c’est qu’elle va finir par casser ! »

Parole d’un gars de 6 pi 3 po et 205 lb, déterminé à avancer dans l’univers du golf professionnel.

Le modèle de Koepka

Quand il regarde le parcours des grands noms, il essaie de s’en inspirer. Dans le lot, il voue un immense respect à Brooks Koepka. L’Américain aux quatre titres majeurs depuis deux ans est passé par l’Europe et l’Asie avant de dominer sur le meilleur circuit au monde.

C’est ainsi que Bernard adoptera une nouvelle approche cet automne. Il participera aux qualifications du circuit Korn Ferry, l’antichambre de la PGA, en plus de tenter sa chance en passant par le processus de qualification du circuit européen.

Car il ne sait jamais quand, et où, cette roche finira enfin par céder.