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Québec est prêt à prendre les commandes de Stornoway

Le gouvernement adopte un décret pour l’acquisition du producteur de diamants

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Québec pourrait bien devenir le principal actionnaire du producteur de diamants Stornoway, qui n’arrive pas à faire face à la baisse des prix sur le marché.

Le gouvernement vient d’adopter un décret permettant à Investissement Québec (IQ) d’« acquérir une partie des actifs » de Stornoway, qui exploite la mine Renard, au nord de Chibougamau.

« Le gouvernement va participer à une opération pour sauver la compagnie », a déclaré hier au Journal le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

IQ est prête à convertir en actions de Stornoway le prêt de 125 M$ fait en 2014, ce qui réduira les frais d’intérêt de l’entreprise. L’organisme versera aussi des sommes additionnelles pour permettre à Stornoway de poursuivre ses activités, mais ce sera « minime », a assuré M. Fitzgibbon.

Il reste à voir si les autres grands créanciers de Stornoway, parmi lesquels on trouve la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité FTQ et le fonds étranger Orion, accepteront eux aussi de prendre part au sauvetage. La Caisse et le Fonds n’ont pas voulu commenter, hier.

Aucun acheteur

Stornoway s’est mise en vente en juin, mais aucun acheteur sérieux ne s’est manifesté. « On a regardé toutes les options », a indiqué Pierre Fitzgibbon.

Tous les actionnaires actuels de Stornoway perdront leur mise. Québec devra dire adieu aux 100 M$ qu’il avait investis dans des actions de Stornoway, alors que le Fonds de solidarité FTQ devra faire son deuil de 34 M$, et la Caisse de dépôt de 22 M$.

M. Fitzgibbon a reconnu que Québec n’aurait peut-être pas dû se lancer dans l’aventure de cette mine « orpheline », la seule à produire des diamants au Québec. « On aurait pu décider de fermer complètement l’opération en disant “on oublie cet investissement d’un milliard $”, mais personne ne voulait ça. »

Le PDG de Stornoway, Patrick Godin, espère que le sauvetage réussira, notant que l’entreprise emploie 550 personnes.

« Les gens se dévouent corps et âme pour bien opérer, a-t-il confié. Nos coûts sont à la baisse et notre performance est à la hausse. Le problème, c’est vraiment le contexte de marché. »