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Finale Andreescu-Williams: «le plus grand match de l’histoire du tennis canadien», selon Daniel Nestor

Finale Andreescu-Williams: «le plus grand match de l’histoire du tennis canadien», selon Daniel Nestor
Photo AFP

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Daniel Nestor croit fermement aux chances de l’Ontarienne Bianca Andreescu qui croisera le fer avec Serena Williams en finale des Internationaux des États-Unis, samedi, à Flushing Meadows. L’ancien spécialiste du double insiste d’ailleurs sur la dimension historique de l’affrontement à venir. 

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«Ce sera le plus gros match de l’histoire du tennis canadien considérant les circonstances. Serena Williams est la meilleure joueuse de tous les temps et elle tentera de gagner son 24e grand chelem pour égaler le record. Elle sera opposée à l’étoile canadienne qui a probablement été la meilleure joueuse sur le circuit cette année», a lancé Nestor, qui a évolué pendant 27 ans sur le circuit de l’ATP, à l’antenne de TSN. 

Nestor estime d’ailleurs que les chances qu’Andreescu renverse l’Américaine de 37 ans sont très bonnes. 

«Elle est vraiment sur une lancée; elle a battu tout le monde. La meilleure préparation pour un match comme celui-là est d’avoir joué beaucoup et d’avoir gagné beaucoup. Sa confiance n’a probablement jamais été aussi élevée. Elle l’est sûrement davantage que celle de Serena en ce moment.» 

«Et Serena a eu de la difficulté dans ce type de match depuis un an, a poursuivi Nestor. Elle a joué deux finales plutôt ordinaires en grand chelem. De son côté, Bianca n’a rien à perdre, et elle a une très bonne attitude aussi.» 

Selon l’ancien joueur ontarien, la qualité du service de Williams aura un impact important sur l’issue du match. 

«Si Serena sert bien, ça va lui donner l’avantage. Mais si ce n’est pas le cas et qu’il y a de longs échanges, ce sera à l’avantage de Bianca. Elle a des aptitudes exceptionnelles pour changer le rythme et ça frustre ses opposantes. Si Bianca arrive à la sortir de sa zone de confort, le match sera entre ses mains.» 

 Ancien numéro un mondial en double, Nestor en a vécu aussi de grands moments au fil de sa prolifique carrière. Détenteur de 12 titres du grand chelem et de 91 titres ATP en double, le Canadien de 47 ans se souvient de sa première finale dans un tournoi majeur. 

«J’étais juste vraiment nerveux et je ne me concentrais pas sur les bonnes choses. Et ç’a passé très rapidement. Mais sa situation est différente. Elle a tellement eu de grosses victoires, et elle est habituée de jouer de gros matchs. Si je ne peux donner qu’un conseil, c’est de ralentir le rythme et de prendre ça un point à la fois. Les choses vont aller vite alors il faut rester dans le moment présent.»

La révolution Andreescu

La Canadienne Bianca Andreescu tentera d’écrire une nouvelle page de l’histoire du tennis canadien, samedi, en finale des Internationaux des États-Unis, mais son influence sur son sport ira sans doute plus loin que le nombre de trophées qu’elle remportera.

Selon Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada, l’Ontarienne de 19 ans a développé une façon de jouer qui fera des petits. Et tout s’est mis en place lorsque Sylvain Bruneau est devenu son entraîneur.

«On a fait le bon choix de le mettre à temps plein comme entraîneur de Bianca», a révélé Lapierre, vendredi, à TVA Sports.

Tennis Canada voyait tout le talent d’Andreescu, qui progressait déjà bien avant l’arrivée de Bruneau. Lorsque ce dernier est entré en poste, il a invité sa protégée à se servir de tous ses atouts, parce qu’elle en possède plus que la moyenne.

«Je parlais à Louis Borfiga (vice-président au développement de Tennis Canada) en début de saison, et il me disait "Bianca est en train de développer un nouveau style de jeu du côté du tennis professionnel féminin"», a raconté Lapierre.

«Là, on va voir des joueuses qui vont essayer de varier beaucoup plus, plutôt que de frapper la balle en fond de terrain, a-t-il poursuivi. On le voyait hier (jeudi). Elle n'a peut-être pas joué son meilleur match, mais elle y allait avec des "slices", des amortis, des balles plus brossées pour faire reculer la joueuse. Elle a varié le rythme. Ça a un peu mélangé son adversaire, Belinda Bencic. Ça a réussi.»

En plus de tout ça, Andreescu possède «une force mentale incroyable», a observé Lapierre, qui a identifié quelques clés pour que l’Ontarienne réussisse à battre la grande Serena Williams en finale, samedi.

«Je pense que ça va se passer du côté de l'émotion et du début du match, a-t-il souligné. Si Bianca est capable de bien sortir et de rendre les échanges difficiles pour Serena, elle va lui rentrer dans la tête.»

Peu importe l’issue du match, Lapierre, comme le reste de Tennis Canada, voit grand pour Andreescu.

«On a probablement, avec Bianca Andreescu, une première mondiale en devenir, a-t-il lancé. Ça se peut que ce soit très bientôt. Et on va voir demain si on a une championne de grand chelem!»