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Peut-on dire: J’aime Woody ?

Peut-on dire: J’aime Woody ?
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Hé lala. J’en connais une qui ne sera pas invitée au party de Noël des Féministes d’Hollywood. Elles ne lui feront pas la bascule à la Réunion annuelle des Dénonciatrices de l’homme blanc de 50 ans.

Avez-vous vu ce qu’a déclaré Scarlett Johansson au sujet de Woody Allen, le réalisateur d’Annie Hall (avec qui elle a tourné Match Point, entre autres) ? « J’aime Woody. Je le crois. Je travaillerais avec lui n’importe quand. » Mais vous savez quoi ? En cette ère de chasse aux sorcières, Johansson a fait preuve d’un courage exemplaire en ne chantant pas la même chanson que tout le monde.

On ne dit pas ces choses-là

Dans les années 1990, des allégations d’agression sexuelle sur sa fille adoptive de 7 ans, Dylan, avaient fait surface quand Woody Allen s’était séparé de Mia Farrow.

Il y a eu deux enquêtes sérieuses qui n’ont débouché sur rien. Le plus important : Woody Allen n’a fait face à aucune accusation. Mais ces allégations ont refait surface récemment, en 2014, quand Dylan a publié une lettre les réitérant.

Alors, à partir de là, on fait quoi ? Ça devient une question purement personnelle : on croit la présumée victime ou on croit Woody Allen ?

Selon le credo féministe 2019, les femmes devraient croire systématiquement les femmes. Mais pourquoi ?

Dans la foulée de #metoo (et de son mot-clic prédécesseur #Agressionnondénoncée), on a beaucoup entendu parler du mot-clic #onvouscroit. J’ai toujours eu un problème avec cette notion. Pourquoi croire sur parole une personne qui se prétend victime alors qu’on n’a pas tous les éléments de preuve ? Présumer de l’innocence de quelqu’un, c’est aussi dommageable que présumer de la culpabilité de quelqu’un.

Vous connaissez ma position : tant qu’une personne n’a pas été accusée, puis jugée, on s’abstient. Et on ne fait pas son procès sur la place publique.

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Dans le cas de Woody Allen, il n’a été accusé de rien. Scarlett­­­ Johansson a déclaré au Hollywood Reporter : « Je vois Woody Allen quand je le peux et j’ai eu plusieurs conversations avec lui [au sujet des allégations]. [...] J’ai été très directe avec lui et il est très direct avec moi. Il maintient qu’il est innocent, et je le crois. »

Hier, la présumée victime, Dylan, qui a maintenant 34 ans (le même âge que Scarlett Johansson) a réagi aux propos de l’actrice, sur Twitter. « Si on a appris une chose des deux dernières années, c’est qu’il faut absolument croire les prédateurs mâles qui maintiennent qu’ils sont innocents sans les questionner. » Un gazouillis bien sûr ironique, une référence directe à Harvey Weinstein ou peut-être même à Jeffrey Epstein.

La question n’est pas de croire aveuglément un homme qui se dit innocent ou de croire aveuglément une femme qui se dit victime. La question est de savoir si la justice, qui est aveugle, a été rendue.

J’aime qui je veux

Scarlett Johansson est actuellement l’actrice la mieux payée à Hollywood. Selon Forbes, elle a eu des revenus de 56 millions $ US (avant impôts), entre le 1er juin 2018 et le 1er juin 2019.

Quand tu occupes une position aussi puissante, tu peux te permettre de dire « J’aime Woody » et te moquer de ce que les gens en pensent.