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Une carte de l’opinion sur les changements climatiques au Canada

Une carte de l’opinion sur les changements climatiques au Canada
Photo Jean-François Desgagnés

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Pour comprendre l’impact politique des changements climatiques, il faut savoir qui sont et où sont les électeurs pour qui c'est un enjeu important. Un nouvel outil interactif permet à tous de mieux saisir la distribution des opinions sur ce sujet. 

Qui sont et où sont les Canadiens qui croient que les changements climatiques sont le résultat de l’activité humaine et qu’il faut faire quelque chose pour trouver des solutions à ce problème avant que ses effets néfastes sur certaines régions du pays aient atteint le point de non-retour? Ce genre de question est essentiel pour comprendre l’impact politique de l’enjeu des changements climatiques, surtout à la veille d’une élection fédérale où cette question sera l'une des principales lignes de démarcation entre les grands partis.  

Une carte de l’opinion sur les changements climatiques   

Afin de comprendre le contexte politique dans lequel ces enjeux sont débattus, une équipe dirigée par mon collègue de l’Université de Montréal Erick Lachapelle a conçu un outil interactif qui permet de comparer les réponses des Canadiens à plusieurs questions clés liées à ces enjeux, selon les provinces, mais surtout selon les circonscriptions électorales. Ces cartes sont basées sur un énorme sondage de plus de 9000 répondants de tous les coins du pays, qui a permis d’estimer la répartition des opinions sur huit questions au cœur des débats publics dans ce domaine.  

À la base de tout le débat politique se trouve l’acceptation du consensus scientifique selon lequel le réchauffement climatique existe et est causé en partie ou surtout par l’activité humaine. C’est ce que croient 60% des Canadiens, mais cette proportion varie beaucoup d'une province à l'autre. Par exemple, 67% des Québécois acceptent les origines humaines du réchauffement global (30% le nient), mais 52% des Albertains rejettent cette notion (42% l’acceptent). 

Sur des enjeux comme la taxe sur le carbone, les différences entre provinces sont toujours présentes, mais elles sont moins saisissantes. Ce qui importe, dans ce cas, a trait aux différences marquées, à l’intérieur de chaque province, entre les circonscriptions urbaines et celles qui sont situées hors des grands centres. La question environnementale contribue donc à accentuer le fossé qui existe déjà sur bon nombre d’enjeux entre les électeurs des zones urbaines et ceux des régions, soit parce que ces derniers parcourent de plus grandes distances en véhicules moteurs ou parce qu’ils sont liés aux industries extractives. Par exemple, le candidat écologiste Stephen Guilbeault n’aura pas de difficulté à convaincre les électeurs de Laurier–Sainte-Marie, dont 75% sont en faveur d’augmenter les taxes sur les carburants, mais ses collègues du nord-est du Québec risquent de faire face à un mur de scepticisme.  

Ce ne sont évidemment pas les seules questions qui peuvent être abordées à l’aide de cet outil interactif facile d’utilisation. Chacun et chacune peut y aller pour trouver réponse aux questions qui peuvent être posées sur les changements climatiques. On y trouvera notamment confirmation de la spécificité québécoise, qui ressort très nettement dans ce domaine. Par exemple, quand on demande aux gens s’ils se sentent personnellement menacés par les effets néfastes des changements climatiques, c’est au Québec qu’on trouve la plus grande proportion de réponses positives, par une marge importante. 

Je pourrais continuer longtemps à tirer des observations dignes d’intérêt de cette imposante base de données, mais pourquoi ne pas y aller vous-même (c’est ici) et partager avec les lecteurs de ce blogue vos propres observations dans les commentaires?