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La nouvelle reine

Bianca Andreescu renverse Serena Williams et triomphe aux Internationaux des États-Unis

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NEW YORK | Bianca Andreescu est championne des Internationaux de tennis des États-Unis. En défaisant Serena Williams en deux manches samedi en grande finale, elle a officiellement marqué l’histoire en devenant la première canadienne à remporter un titre du Grand Chelem.

Cette victoire de 6-3 et 7-5 ne fut pas gagnée facilement. Après une première manche presque parfaite, elle s’est donné une avance de 5-1 lors du second acte et l’on croyait alors voir l’histoire s’écrire devant nos yeux, et ce, beaucoup plus rapidement qu’escompté.

Toutefois, Williams ne compte pas 23 titres du Grand Chelem en carrière pour rien. Après avoir effacé une balle de championnat, l’Américaine a brisé Andreescu avant de remporter les trois jeux suivants pour niveler les chances à 5-5.

Un rêve devenu réalité

Tout ça, pendant que la foule new-yorkaise se faisait de plus en plus bruyante et hostile. Mais la Canadienne, comme elle l’a fait si souvent durant le tournoi, a trouvé un moyen de stopper l’hémorragie et de remporter les deux jeux suivants pour devenir la nouvelle reine de Flushing Meadows.

« J’ai visualisé ce moment, de jouer une finale contre Serena, pendant tellement longtemps. C’est tellement fou, a-t-elle déclaré en entrevue après le match, avant d’éclater en sanglots. Je rêve de ça depuis si longtemps. Comme je l’ai dit, quand j’avais gagné l’Orange Bowl (en 2015), j’ai vraiment commencé à croire que je pouvais atteindre ce niveau. Depuis ce jour, je le visualise presque quotidiennement. De voir enfin ce rêve devenir réalité est tout simplement fou. »

Rappelons qu’après sa victoire au Orange Bowl, elle avait reproduit un chèque du US Open dont elle ajustait le montant chaque année, se voyant un jour remporter le véritable magot. Samedi, elle l’a finalement reçu, le vrai chèque, celui qui lui permettra d’empocher 3,85 M$ US.

Un grand moment

Une fois son titre acquis, Andreescu n’a pas mis de temps à grimper dans les gradins afin d’y rejoindre ses proches. Elle a tout d’abord enlacé son entraîneur Sylvain Bruneau pendant de longues secondes avant de faire de même avec ses parents, son agent, puis tous les membres de son équipe.

« Il m’a dit qu’il avait toujours cru en moi, a mentionné la championne en parlant de son entraîneur. Je n’avais pas de mots, mais ça voulait tout dire. »

Pour Bruneau, il s’agissait d’un moment dont il se souviendra pour toujours.

« Ç’a été des émotions très puissantes et profondes. Quelque chose que je n’avais jamais vécu dans un contexte comme ça. C’est le résultat de beaucoup de travail qui a atteint son point culminant ici. C’est extraordinaire ce qu’elle a accompli, dans un Grand Chelem, de jouer contre Serena Williams, d’aller chercher ce match. Tout ça, en sachant les problèmes qu’on a eus cette année. Je suis extrêmement fier d’elle. »

Émotions

La raquette de 19 ans a goûté pour la première fois à l’ivresse d’une victoire si importante et, elle l’assure, elle y prendra goût rapidement.

Après son point de presse, la championne et son entraîneur se sont vu remettre leurs trophées respectifs devant les journalistes présents. Au moment de prendre la photo officielle, l’entraîneur tenait toutefois son joyau à l’envers. « Je ne suis pas habitué à ça, les trophées », a-t-il alors lancé en riant.

« On va s’habituer ! », a alors rétorqué, à brûle-pourpoint, sa confiante protégée.

Cette confiance qu’elle dégage sur le terrain, on la ressent également lorsque les raquettes sont rangées.

« Elle est très ambitieuse. Elle a des projets et des rêves, et je suis très conscient de tout ça, a commenté Bruneau. D’aller l’affirmer haut et fort devant tout le monde, ça prend énormément de confiance. Maintenant, on a des choses à faire si on veut faire avancer le projet. Si on veut faire en sorte que d’autres titres et d’autres beaux moments pour elle arrivent, il va falloir garder la tête basse et bien s’accrocher. Il ne faut pas perdre la carte et continuer d’avancer dans la même direction. »

Il y a un an, Bianca Andreescu était 208e joueuse mondiale et s’inclinait en qualifications du US Open.

Un an plus tard, elle en est devenue la championne et, lundi, elle grimpera au cinquième rang mondial de la WTA. Quelle histoire !

 

« J’avais du mal à m’entendre penser tellement c’était bruyant » – Bianca Andreescu

Bianca Andreescu a pris un moment pour savourer son nouveau titre en s’allongeant sur le court, les bras et les jambes en étoile.
Photo AFP
Bianca Andreescu a pris un moment pour savourer son nouveau titre en s’allongeant sur le court, les bras et les jambes en étoile.

Il n’y a pas qu’une grosse somme d’argent et un trophée bien reluisant que Bianca Andreescu ramènera de Flushing Meadows. Elle aura également appris à gagner sur la plus grande scène qui soit.

Après tout, servir pour un Grand Chelem, ça ne se pratique pas à l’entraînement.

D’apprendre à bloquer le bruit extérieur même si la foule explose à chaque bon coup de ton adversaire non plus. Ah, et apprendre à composer avec la pression de voir la meilleure joueuse de l’histoire revenir et combler un retard de 1-5, ça non plus, aucun entraîneur ne peut réellement l’enseigner.

« J’essayais le plus possible de bloquer le bruit de la foule. J’avais du mal à m’entendre penser tellement c’était bruyant ! C’est ce qui rend ce tournoi si spécial. Toutefois, ce n’était vraiment pas facile. Quand elle a commencé à revenir dans le match, je m’y attendais un peu parce que c’est ce que les champions font, mais j’ai essayé de demeurer le plus calme possible. Je pense avoir bien fait de ce côté », a mentionné Andreescu après sa victoire, samedi.

« Incroyable »

Son entraîneur, Sylvain Bruneau, non plus n’a pas été surpris de voir l’Américaine revenir dans le match. Surtout, il n’a jamais perdu confiance en sa protégée.

Une fois sa victoire confirmée, la nouvelle championne s’est dirigée dans les estrades pour étreindre son entraîneur, Sylvain Bruneau.
Photo AFP
Une fois sa victoire confirmée, la nouvelle championne s’est dirigée dans les estrades pour étreindre son entraîneur, Sylvain Bruneau.

« Je savais qu’elle allait garder le cap. Mais c’est tout de même incroyable et il faut le souligner, qu’à cinq partout, elle ait été capable de garder tout ça en contrôle malgré tout ce qui se passait et de finir avec deux super beaux jeux. Elle est allée chercher le match, car elle ne pouvait pas espérer que Serena lui donne. C’est incroyable, extraordinaire ! » a-t-il mentionné.

Serena déçue d’elle-même

De l’autre côté, le 24e titre majeur, qui aurait égalé le record de tous les temps de Margaret Court, attendra. L’Américaine n’a pas été l’ombre d’elle-même, samedi, et s’est inclinée pour la quatrième fois de suite dans un tournoi majeur.

Serena Williams a connu un premier set difficile. Par moments, elle a paru découragée.
Photo AFP
Serena Williams a connu un premier set difficile. Par moments, elle a paru découragée.

« C’est décevant. J’ai l’impression que j’aurais pu faire beaucoup mieux. Toutefois, elle a bien joué et elle mérite le championnat.

« Aujourd’hui, elle était plus intense et plus complète, mais je ne lui ai pas donné beaucoup d’adversité. J’adore Bianca, c’est une personne géniale, mais je pense que j’ai joué mon pire match du tournoi. »