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La députée se mêle dans les chiffres

Michelle Rempel
Photo d’archives, Braeden Jones Michelle Rempel

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, à Québec et à Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

La Cour d’appel fédérale a autorisé, mercredi, six demandes de contestations judiciaires contre le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

La députée conservatrice sortante de Calgary Nose Hill, Michelle Rempel, a réagi en affirmant que « le pipeline Trans Mountain fait face à des obstacles répétés, ce qui entraîne des pertes économiques et des pertes d’emploi. Sous Justin Trudeau, les contribuables canadiens paient 7 milliards $ pour un pipeline, et ce, sans qu’un seul centimètre soit construit ».

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Les faits

La députée Rempel semble s’être emmêlée dans ses chiffres.

Il ne faut pas confondre l’achat de l’oléoduc actuel et les sommes projetées pour un éventuel agrandissement.

Ainsi, les contribuables ont payé l’an dernier un peu plus de 4,4 milliards $ pour acquérir l’actuel oléoduc Trans Mountain. Ce montant comprend entre autres les 1,13 G$ associés à certains travaux de construction en cours, selon le rapport annuel de la Corporation de développement des investissements du Canada, publié en mars dernier.

Dans un deuxième temps, une expansion du pipeline de Trans Mountain est prévue, et c’est elle qui est estimée à 7 G$.

Les Canadiens ne paient toutefois pas encore pour ce projet et nous devrons attendre de voir l’évolution des contestations judiciaires.

Le chiffre de la semaine : 2111 $

C’est le montant des frais de scolarité déclaré, en moyenne, par les ménages du Québec qui ont supporté de tels frais en 2017.

Cette somme est près de deux fois moins élevée que la moyenne canadienne, qui est de 4451 $. Environ 40 % des ménages au Québec ont déclaré des frais de scolarité en 2017, contrairement à près de 37 % pour l’ensemble du pays, selon Statistique Canada.

Cela comprend notamment les frais de scolarité pour la maternelle, le primaire et le secondaire, les études universitaires, les autres établissements postsecondaires, et pour des services éducatifs comme du tutorat et la location de livres et de matériel scolaires.

« La dépense moyenne par ménage déclarant [au Québec] était la plus élevée pour les frais d’université (3488 $) comparativement aux autres types de frais de scolarité », a précisé l’organisme gouvernemental.

La rentrée scolaire s’est amorcée cette semaine pour les étudiants universitaires dans la province. Les étudiants québécois de premier cycle sont ceux qui paieront en 2019-2020 les droits de scolarité les moins élevés de toutes les provinces, après Terre-Neuve-et-Labrador, selon les données provisoires de Statistique Canada.

– Sarah Daoust-Braun